L'Algérie marchera encore samedi

Un policier algérien brandissait une matraque de bois alors que la foule manifestait, samedi à Alger. Pendant plus de cinq heures qu’a duré le rassemblement, les manifestants ont dû lutter pour éviter d’être dispersés ou divisés en plusieurs groupes plus faciles à repousser par les forces anti-émeutes.
Photo: Agence Reuters Louafi Larbi Un policier algérien brandissait une matraque de bois alors que la foule manifestait, samedi à Alger. Pendant plus de cinq heures qu’a duré le rassemblement, les manifestants ont dû lutter pour éviter d’être dispersés ou divisés en plusieurs groupes plus faciles à repousser par les forces anti-émeutes.

Alger — Déterminée à parvenir à un changement de régime en Algérie dans la foulée des révolutions de Tunisie et d'Égypte, l'opposition algérienne a annoncé hier une nouvelle marche le 19 février à Alger, après celle «positive», selon elle, de samedi.

«La Coordination nationale vient de finir une réunion et a décidé d'organiser une marche samedi prochain à Alger», a déclaré à l'AFP un membre de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNDC), Me Moustepha Bouchachi, président de la Ligue algérienne des droits de l'Homme (LADDH).

Le lieu de rendez-vous sera le même, a précisé Me Bouchachi, confirmant des informations qui circulaient dès hier sur une possible nouvelle marche la semaine prochaine.

Retenue demandée

Le département d'État américain a appelé hier «les forces de sécurité à la retenue» face aux manifestants en Algérie. «Nous prenons acte des manifestations actuelles en Algérie, et appelons à la retenue les forces de sécurité», écrit le porte-parole du département d'État Philip Crowley dans un communiqué. «Par ailleurs, nous réaffirmons notre soutien aux droits universels du peuple algérien, y compris les droits de réunion et d'expression. Ces droits s'appliquent sur Internet» et «doivent être respectés», ajoute-t-il, précisant que les États-Unis «suivront de près la situation ces prochains jours».

Les défilés sont interdits à Alger, dans le cadre de l'état d'urgence déclaré dans le pays en 1992 et renforcé en 2001.

La marche organisée samedi à partir de la place du 1er Mai devait mener sur environ 4 km vers la Place des Martyrs dans le vieil Alger. Ses centaines de participants avaient été bloqués par un important dispositif estimé à quelque 30 000 policiers qui ont procédé à de brèves interpellations — 14 selon le ministère de l'Intérieur, 300 selon l'opposition.

L'Algérie est gouvernée depuis l'indépendance en 1962 par un régime largement soutenu par les militaires malgré de timides ouvertures à une démocratisation. Son président, Abdelaziz Bouteflika, est au pouvoir depuis 12 ans.

Dès samedi, un des fondateurs de la CNDC, Fodil Boumala, tout juste sorti du commissariat de police qui l'avait interpellé pendant la manifestation, avait donné le ton: «Ce n'est qu'un début», avait-il clamé.

«C'est parti pour le changement», titrait hier le quotidien libéral Liberté, très favorable comme une bonne partie de la presse algérienne, à des changements politiques.

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