Tunis peine à prendre le contrôle du pays

Tunis — La Tunisie a connu hier de nouveaux troubles, notamment en province, en raison de la volonté d'une partie de la population d'éradiquer les dernières traces de l'ancien régime plus de trois semaines après le renversement de Zine Ben Ali.

À Tunis, des coups de feu ont été entendus pour la première fois en deux semaines, mais ils n'ont provoqué aucun débordement. Trois personnes ont dit à Reuters avoir entendu des coups de feu en provenance de rues proches de l'avenue Habib-Bourguiba, l'artère principale de la capitale. Ces témoins n'ont pas pu préciser l'origine des tirs.

Le calme est lentement revenu en Tunisie après le renversement le 14 janvier de Zine Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, au terme d'un mois de soulèvement populaire. De nouvelles violences ont toutefois été signalées ces derniers jours en divers endroits du pays. Elles ont fait au moins cinq morts depuis vendredi.

Des manifestants ont exigé la démission de gouverneurs dans plusieurs villes de province en raison de leurs liens avec l'ancien régime. À Kasserine, plusieurs centaines de personnes bloquent une grande artère de la ville située à environ 250 km au sud-ouest de Tunis pour réclamer l'attention du gouvernement sur leurs problèmes.

Nommé seulement quelques jours plus tôt dans le cadre d'une purge des responsables administratifs du pays, le gouverneur de la région de Kasserine a démissionné lundi sous la pression de manifestants assiégeant ses locaux, dit-on de mêmes sources. Des manifestants ont aussi contraint à la démission le nouveau gouverneur de Gafsa hier, a rapporté Tap.

Plusieurs gouverneurs sont confrontés à des mouvements similaires ou à des demandes d'amélioration des conditions de vie de la part de la population.

Le ministère de la Défense a fait appel lundi aux réservistes pour renforcer les effectifs des forces de sécurité et éviter ainsi un nouvel embrasement du pays.
1 commentaire
  • Renaud Blais - Inscrit 9 février 2011 12 h 14

    Solidarité avec la persistence des mainfs en Tunisie

    Que ce soit à Tunis ou ailleurs en Tunisie, il faut être solidaire avec les personnes qui ne veulent pas se contenter d'un changement de marionnette mais insistent pour un véritable changement de régime.
    Un changement de régime signifie pour moi, et je ne suis pas seul, qu'il est terminé le temps du colonialisme, même néo et réinventé dans les discours...
    Le lobby de l'oligarchie financière privée internationale (le gouvernement des É.U.) ne doit plus dicter les grandes politiques économiques du monde.
    La survie de l'espèce humaine est en jeu.
    Il est fini le temps ou la motivation principale de ces MALADES de la concentration, entre leurs mains, des richesses du monde.
    Malgré qu'il n'existe pas (?) de théories économiques qui prévoient une diminution de la consommation et une DÉCROISSANCE il faudra bien un jour que nos économistes en inventent de toute urgence...
    Ils n'ont qu'à partir de LA RÉALITÉ et prendre une réelle distance de leurs théories fabulistes, qui ne répondent souvent qu'au intérêts de ceux qui les paient.
    Renaud Blais
    Québec