Le Soudan réclame la levée des sanctions américaines

Addis Abeba — Le Soudan a appelé hier les États-Unis à lever les sanctions à son encontre, au lendemain de la proclamation des résultats du référendum au sud du Soudan, qui a voté de manière quasi unanime en faveur de son indépendance.

Washington avait fait du déroulement pacifique de cette consultation une priorité et offert à Khartoum une «feuille de route» vers la normalisation des relations bilatérales. Mais les États-Unis continuent de réclamer des progrès au Darfour, la région occidentale soudanaise où les violences se poursuivent.

«Nous avons tenu nos promesses. Nous voulons maintenant la levée de toutes les sanctions», a déclaré le ministre soudanais des Affaires étrangères, Ali Karti, en marge du sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba. «Le Darfour ne doit pas être lié à cela», a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie soudanaise, qui a présenté les mêmes arguments la semaine dernière à Washington, estime que le succès du référendum du Sud du Soudan ouvrira la voie à des opportunités économiques pour son pays isolé, soumis depuis des années à des embargos. Le Soudan figure depuis 1993 sur la liste américaine des États parrains du terrorisme. Il hébergeait alors le chef du réseau al-Qaïda, Oussama ben Laden.

«Nous voulons davantage d'investissements, nous voulons renforcer nos échanges et la coopération dans tous ses aspects», a souligné Ali Karti.

Les États-Unis ont pris quelques mesures pour desserrer l'étreinte, comme la levée des contrôles sur l'exportation de machines agricoles.

Mais ils réclament toujours des progrès au Darfour et le règlement des questions toujours en suspens entre le nord et le sud du Soudan, qui pourra déclarer son indépendance le 9 juillet prochain selon les termes de l'accord de paix de 2005 qui a mis fin à la guerre civile Nord-Sud.

Une des questions les plus épineuses entre Nord et Sud est celle de la région pétrolifère disputée d'Abyei. Le président soudanais, Omar al Bachir, et le dirigeant sudiste, Salva Kiir, ont toutefois promis de régler ce dossier d'ici la fin mars, dimanche lors d'un minisommet.