La dangereuse tentation de l'islamisme

Sihem Habchi, présidente de l’association française féministe Ni putes ni soumises, était de passage à Montréal hier.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Sihem Habchi, présidente de l’association française féministe Ni putes ni soumises, était de passage à Montréal hier.

Les femmes tunisiennes sont parmi les femmes émancipées du Maghreb et il est important qu'elles conservent leurs droits acquis dans l'État à venir. C'est ce que constatait hier Sihem Habchi, présidente de l'association française féministe Ni putes ni soumises, venue à Montréal à l'invitation du consulat de la France à Québec.

Sous l'ancien président Habib Bourguiba, qui a précédé le dernier président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, les femmes tunisiennes ont gagné le droit à l'héritage, le droit au divorce, le droit à l'avortement, le droit à l'éducation, dans un contexte laïque, dit-elle.

Le danger, actuellement, est que la population se laisse tenter par un islamisme obscur, comme celui qui a pris le pouvoir en Iran, par exemple, sous l'ayatollah Kohmeiny, après le départ du shah. Il ne faut pas non plus, ajoute-t-elle, croire là-bas aux bienfaits d'un islamisme modéré.

Sihem Habichi, d'origine algérienne, immigrée en France, musulmane assumée qui s'oppose au port du voile dans toutes les sphères de la société, rencontrera aujourd'hui la sous-ministre adjointe à la condition féminine, Thérèse Mailloux. Dans le passé, elle a également participé aux travaux de la commission Bouchard-Taylor.

Limites aux accomodements


«Les accommodements raisonnables ont leurs limites», dit celle qui croit que ces accommodements vont presque toujours dans le sens d'une hypersexualisation du corps de la femme, puisque celle-ci mène précisément au port du voile. Car c'est précisément l'hypersexualisation du corps des femmes, qu'elle se traduise par le port d'une burqa ou par l'affichage de corps de femmes offerts sur les publicités, la femme possédée, en quelque sorte, que son association combat, de la République du Congo au Québec.

En France, remarque-t-elle par ailleurs, un rapport d'Alain Bauer, de l'observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, les crimes commis contre les femmes dans l'espace public ont grimpé de 10 points, dit-elle, et il n'y a toujours que 18 % de femmes à l'Assemblée nationale.
51 commentaires
  • Rodrigue Tremblay - Inscrit 20 janvier 2011 06 h 49

    Bonne chance

    Y'a 22 pays arabes, et aucun encore ne connait la démocratie.

  • Duchêne Denys Mehdi - Inscrit 20 janvier 2011 07 h 21

    Mêler vous de vos affaires Madame ! (1)

    Visiblement cela semble une mode chez les Français par le temps qui courent pour venir exporter ici leurs épouvantails et nous vendre les angoisses nécessaires pour installer la méfiance, foetus de l'intolérance. À l'instar de Wassila Tamzali l'automne dernier-dont le Devoir a donné une couverture disproportionnée en vertu de la pertinence de son discours-la dame vient nous faire la morale du comment doit-on composer avec nos Québécoises d'origine musulmane chez nous. S.V.P évitez nous d'exporter votre modèle d'intégration qui a été un échec sur toute la ligne, le pire bilan de tout les pays européens.

    1) Vos épouvantails à l'effet que la société tunisienne pourrait se jeter dans les bras des islamistes n'est basé sur aucune espèce d'étude sérieuse. S'il y a une société dans le Maghreb, avec la Libye, où les islamistes sont totalement désorganisés et marginaux, c'est bien la Tunisie.

    2) Votre opposition au hidjab dans toutes les sphères de la société donc dans l'espace public, alors que cela n'existe nulle part dans le monde, sauf probablement en Corée du Nord et contraire à toute société de droit, pluraliste. démocratique et libérale et démontre l'intégrisme qui vous habite pour tenter de combattre l'autre intégrisme que vous dénoncez. Je m'excuse Madame, mais si vous croyez qu'ici au Québec, nous adopterons une forme d'intégrisme pour en combattre un autre, vous faites fausse route. Les histoires d'horreurs à l'européenne au fil des siècles doivent nous apprendre à nous maintenir sur nos gardes.

  • Duchêne Denys Mehdi - Inscrit 20 janvier 2011 07 h 32

    Mêler vous de vos affaires Madame ( 2)

    Alors vous souhaitez également nous discuter d'accomodements raisonnables ! Alors je vous suggère pour compléter vos «connaissances» de ce qui se passe ici, de consulter les rapports de la Commission des Droits de la personne du Québec, qui entre 1997 et 2006 a recensé que 3% des demandes d'accomodement reliées à des motivations à carcatère religieux. Et parmi ces 3%, 90% des demandes provenaient des diverses branches du Christiannisme.

    Alors bienvenue tout de même au Québec, mais dites vous que nous avons suffisamment «nos craqueurs d'allumettes dans les entrepôts remplis de bidon d'essence» pour en ajouter d'autres. La paix sociale ici on tient à la préserver. Nos Québécoises d'origine musulmane pratiquante ne vivent pas en ghetto chez nous dans l'écrasante majorité des cas. Vous êtes dans une autre réalité que ce que vous observé en Europe. Ici nous avons pris les moyens pour adopter l'interculturalisme qui nous permet de vivre en harmonie avec nos communautés. Le modèle convient très bien et l'intégration est réussie. Aucune étude ne démontre le contraire. Et j'espère bien que lors de votre séjour vous pourrez l'observer, si vous savez bien sûr à quelles portes frapper.

  • Augustin Rehel - Inscrit 20 janvier 2011 08 h 53

    Une belle leçon sur l'islam

    Le commentaire rédigée par une femme occidentale, met en garde les femmes tunisienne contre un islamisme intégriste qui pourrait remplacer la société de droits qu'elles ont bâtie depuis des année. Et vous, tel un imam, vous vous mêlez d'une situation qui ne vous regarde pas. Alors, je vous prie, laissez les femmes discuter d'un sujet qui vous échappe. À vous lire, on dirait que vous aimeriez que toutes les musulmanes du Québec se cachent derrière un voile, un niqab ou une burqa!

    Le commentaire de Caroline Montpetit va dans le sens de la pensée des femmes québécoises. La plupart de nos intellectuelles s'élèvent contre le port du voile et du niqab pour la simple raison que c'EST UNE PRESCRIPTION MASCULINE, même pas coranique, mais de vieux imams qui ont perpétué une mode moyenâgeuse.

    Le discours de madame Sihem Habichi est dans la pensée de Denise Bombardier, Lise Payette, Louise Beaudoin, Pauline Marois, qui prône une société libre et laïque, et non une société interculturelle ou multiculturelle qui sépare les humains, chacun dans leurs ghettos respectifs, dans leurs quartiers respectifs, comme cela se fait dans les sociétés où le multiculturalisme est un concept d'intellectuel attardé que les petites gens ne comprennent pas.

    Alors, je vous le recommande fortement: ne vous mêlez pas d'un dossier qui regarde les femmes.

  • Khayman - Inscrit 20 janvier 2011 09 h 32

    Libre

    Je désirais en connaître un peu plus sur cette Sihem Habchi et j'ai donc visité son article sur Wikipédia :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Sihem_Habchi

    J'y constate qu'il n'existe malheureusement pas de photo sous licence « copyleft » de cette femme.

    Le Devoir a récemment, par la bouche de Stéphane Baillargeon, décrié la faible qualité de l'encyclopédie libre : http://www.ledevoir.com/societe/medias/314795/medi
    Baillargeon termine son article en disant que le gouvernement et le milieu de l'éducation auraient à gagner d'une participation active à l'élaboration de cette encyclopédie/base de données/almanach/revue de presse universel gratuit et sans pub.

    Je crois que le Devoir devrait prêcher par l'exemple et mettre une partie de son contenu sous licence copyleft afin, notamment, d'améliorer le contenu de l'Internet en général. Un minimum de contenu photographique libre ferait toute la différence.

    Le moyen le plus facile de le faire serait de créer une page web dédiée à ce matériel et d'y indiquer clairement, en bas de page, qu'il est sous licence Creative Commons CC-BY-SA (qui ne demande, pour réutiliser le matériel, que de citer le(s) auteur(s) du travail et de ne pas mettre un copyright sur ce travail). Afin de ne pas mettre en péril le métier de vos artisans, vous pourriez mettre accessible une version amoindrie de votre matériel (comme, par exemple, mettre certaines photos en basse résolution).

    Si vous êtes frileux à cette idée, une alternative serait de mettre un onglet « dons » à côté de certaines images et de mettre ces dernières sous licence libre à partir d'un certain montant recueilli. Ainsi, par exemple, avec un onglet Paypal, je suis prêt à donner 20 $ pour que l'on libère de droits une photo de Sihem Habchi en faible résolution.