Un gouvernement d’union nationale est en place en Tunisie

Le premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi a annoncé aujourd’hui la formation d’un «gouvernement d’union nationale», à la suite du départ de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali.

Mohamed Ghannouchi conserve son poste de premier ministre. Les ministres de la Défense, de l’Intérieur et des Affaires étrangères restent également en place.

Trois chefs de partis de l’opposition légale sont aussi nommés au gouvernement.

M. Ghannouchi a également annoncé la libération de tous les détenus arrêtés pour leurs idées ou leurs activités politiques et la prochaine promulgation d’une loi d’amnistie générale.

Des élections pas avant six mois?


Pour sa part, l’ancien opposant tunisien Ahmed Ibrahim, devenu ministre de l’Enseignement supérieur dans ce gouvernement d’unité nationale, estime qu’il faudra au moins «six ou sept mois» avant la tenue d’une élection présidentielle.

Samedi, au lendemain du départ du président déchu Zine el Abidine ben Ali, réfugié en Arabie Saoudite, le président du Conseil constitutionnel avait annoncé l’organisation d’une élection présidentielle dans les 60 jours. Le pays est présidé dans l’intérim par le président de la Chambre des députés, Fouad Mebazzaâ.

Mais au site Web «lepoint.fr» qui lui demande quand la présidentielle aura lieu, Ahmed Ibrahim répond que ce ne sera «pas avant six ou sept mois». «Nous espérons qu’elle aboutisse à des élections libres où le peuple pourra choisir son président en toute liberté», ajoute-t-il, mais «nous devons d’abord installer le gouvernement puis commencer très vite les réformes».

L’ancien opposant au régime Ben Ali estime par ailleurs qu’«il n’y aucun doute» sur la crédibilité du président par intérim Fouad Mebazaâ et du premier ministre Mohamed Ghannouchi pour mener à bien une transition démocratique. «Nous ne pouvons pas céder à la surenchère du ’tout, tout de suite’. Nous ne sommes pas les partisans du chaos, mais les artisans d’une transition pacifique et responsable qui ait toutes les chances de réussir», insiste-t-il.


78 morts et 2 milliards $ de dommages


Le ministre tunisien de l’Intérieur Ahmed Friaa, lui, a dressé aujourd’hui un bilan des pertes humaines et matérielles enregistrées durant les troubles qui ont secoué pendant un mois la Tunisie.

Lors d’une conférence de presse, il a fait état de 78 morts et de 94 blessés parmi les civils. Il a également évoqué de nombreux morts dans les rangs des forces de sécurité, sans donner de chiffre précis.

Il a évalué le manque à gagner pour l’économie à trois milliards de dinars (environ deux milliards $ CAN), du fait de la paralysie de l’activité économique et de l’arrêt des exportations.

Nouveau gouvernement

Dans ce nouveau gouvernement, les ministres des Affaires étrangères Kamel Morjane, de l’Intérieur Ahmed Friaâ et de la Défense Ridha Grira sont reconduits.

Trois dirigeants de l’opposition font leur entrée pour la première fois dans le gouvernement: Néjib Chebbi (Parti démocratique progressiste/PDP) comme ministre du Développement régional et local, le docteur Mustapha Ben Jaâfar (Forum démocratique pour les libertés et le travail/FDLT) comme ministre de la Santé publique et Ahmed Brahim (mouvement Ettajdid/ancien parti communiste) comme ministre de l’Enseignement supérieur.

Le ministère de la Communication a été supprimé.

Le premier ministre a par ailleurs annoncé la formation de trois nouvelles commissions:

- Une commission supérieure pour la réforme politique, présidée par le juriste Yadh Ben Achour.

- Une commission nationale d’investigation des faits sur les affaires de malversation et de corruption, présidée par M. Abdelfattah Amor, un professeur de droit.

- Une commission nationale d’établissement des faits sur les abus commis durant ces dernières années, présidée par M. Taoufik Bouderbala, ancien président de la LTDH.

1 commentaire
  • art5 - Inscrit 17 janvier 2011 17 h 48

    tunisie

    bravo et une bonne et belle annee au peuple tunisien

    merci