Côte d'Ivoire: le Canada refuse l'expulsion de son ambassadeur

Ottawa — Le Canada a refusé hier de reconnaître l'expulsion de son ambassadeur en Côte d'Ivoire annoncée par Laurent Gbagbo, en soulignant n'avoir reçu aucune requête du gouvernement du président Alassane Ouattara à ce sujet.

«Le Canada n'a reçu aucune requête du gouvernement légitime du président Ouattara de mettre fin aux fonctions de notre ambassadeur», a déclaré le ministre des Affaires étrangères Lawrence Cannon, cité par un porte-parole.

«Le Canada ne reconnaît pas le gouvernement de Laurent Gbagbo, par conséquent la requête d'expulsion de notre ambassadeur en Côte d'Ivoire est inopérante», a-t-il poursuivi.

Le gouvernement de Laurent Gbagbo a annoncé hier le renvoi de Côte d'Ivoire des ambassadeurs britannique et canadien, alors que la communauté internationale reconnaît son rival Alassane Ouattara comme président légitime.

Le Canada avait indiqué le 29 décembre qu'il ne reconnaissait plus l'ambassadeur ivoirien nommé par Laurent Gbagbo et qu'il n'accepterait que son successeur désigné par le président élu Alassane Ouattara.

«Nous continuerons à appeler Laurent Gbagbo à céder le pouvoir au président Ouattara, légitimement élu président de la Côte d'Ivoire lors des élections du 28 novembre et reconnu comme tel par la communauté internationale», a encore déclaré M. Cannon.

Londres avait adopté une position analogue à celle d'Ottawa quelques heures plus tôt, en soulignant que le Royaume-Uni ne reconnaissait que les déclarations faites par Alassane Ouattara comme président de la Côte d'Ivoire, autrement dit qu'il ignorerait l'annonce faite par le gouvernement de M. Gbagbo à propos de son ambassadeur.
3 commentaires
  • abobo - Inscrit 7 janvier 2011 10 h 29

    il faut etre sur le terrain pour voir

    en effet, gbagbo a raison, s'il y a un problème, on reste pas à des miller de kilometre pour juger .
    comme en ce moment précis l'ambassadeur du canada se trouve dans la zone ke controle monsieur gbagbo donc il peut vous retouner la balle . et il est bien placé pour l'expluser votre ambassadeur

  • Normand Paradis - Abonné 8 janvier 2011 02 h 32

    Création d’un nouvel isolationnisme

    Gbagbo, le président auto proclamé de Côte d’Ivoire, celui qui n’est plus «reconnu» comme l’autorité légale de ce pays par le Canada, les États-Unis, l’Union européenne, l’ONU, la Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), l’Union africaine et le reste du monde entier à l’exception de l’Angola. Il voudrait expulser l’ambassadeur du Canada au nom du «principe de réciprocité» puisque puisque notre pays ne reconnait pas son gouvernement. Dans cette logique le chef d’une minorité d’Ivoiriens devra cesser de reconnaître les 195 pays de la planète qui ne reconnaissent pas non plus son gouvernement. Le Canada reconnaît le gouvernement de Guillaume Sorro et du Président élu par la majorité des Ivoiriens: Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire. Le Canada a une alternative à la reconnaissance de l’auto proclamé Gbagbo. Le monde a une alternative à la reconnaissance de l’auto proclamé Gbagbo. Nous avons une alternative à la reconnaissance de l’illégal et illégitime prétendant. Ce dictateur, qui se maintien au pouvoir par l’usage de la force et la terreur n’a plus, au nom du même «principe de réciprocité», qu’a cesser de reconnaître l'existence d’un gouvernement légal au Canada, cesser de reconnaître l'existence de gouvernements légaux dans les 195 pays à travers le monde qui on reconnu ou s’apprêtent à le faire le Président Ouattara. Cesser de reconnaître l'existence du monde ne va pas faire disparaître le problème de légitimité du citoyen Gbagbo. 


  • Normand Paradis - Abonné 8 janvier 2011 02 h 37

    Création d’un nouvel isolationnisme (suite) Gbagbo un nouveau Bokassa

    Nous assistons à la naissance d’un nouvel isolationnisme tressé en feuilles de palme. Une politique arriérée dans un univers planétaire ou l’interdépendance devient la norme universelle du progrès humain entre individus, les entreprises commerciales et les pays. Même les superpuissances comme les États Unis ont parfois tenté et eu peine à soutenir pareille aventure. Le rideau de feuille de palme tressé ne va pas résister longtemps. En Afrique c’est la voie de la République centrafricaine. Bartélemy Boganda fut le père de cette nation (comme Félix Houphouët-Boigny le fut en Côte d’Ivoire) David Dacko lui succéda pour être remplacé (dans un coup d’état) par Jean-Bedel Bokassa qui se fit couronner Empereur à vie en 1977. N'est-ce pas la voie Gbagbo que ce coup d'état institutionnel. La Côte d’Ivoire présentement 164 ième rang à l’Indice de développement humain (IDH), recul de 17 places par rapport à 2005, rejoindra peut être la République centrafricaine au rang 182.