Côte d'Ivoire - Le Conseil des Droits de l'homme de l'ONU condamne Gbagbo

Abidjan et Paris —Le premier ministre d'Alassane Ouattara, Guillaume Soro, a estimé hier que Laurent Gbagbo devrait être traduit devant la Cour pénale internationale (CPI) pour les événements survenus en Côte d'Ivoire depuis le scrutin présidentiel et qui ont fait près de 200 morts selon l'ONU.

Désigné vainqueur par un Conseil constitutionnel acquis à sa cause, le chef de l'État sortant, Gbagbo, résiste aux pressions de la communauté internationale qui souhaite le voir céder le pouvoir à Ouattara, proclamé vainqueur par la commission électorale et réfugié à l'hôtel du Golf. Charles Blé Goudé, chef de file des Jeunes Patriotes, proches de Laurent Gbagbo, a appelé hier à un rassemblement le 29 décembre à Abidjan pour dénoncer l'ingérence étrangère dans les affaires ivoiriennes.

Dans un entretien publié hier dans le quotidien français Libération, Guillaume Soro, espère l'envoi d'une mission de la CPI dans le pays pour «établir la responsabilité des uns et des autres et que tous ceux qui sont impliqués d'une manière ou d'une autre soient transférés à La Haye».

«Nous espérons vivement que la communauté internationale ne prenne pas trop de temps pour se rendre compte que la place de Gbagbo n'est pas au palais présidentiel mais à la Cour pénale internationale de La Haye», a-t-il ajouté.

Réuni à Genève, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a adopté hier soir une résolution condamnant les violences politiques et préconisant l'ouverture d'une enquête sur l'ensemble des crimes commis et la protection des civils.

Lors d'une séance extraordinaire convoquée à la demande de pays africains, les pays membres du Conseil ont condamné les graves atteintes aux droits de l'homme commises depuis le second tour de la présidentielle, le 28 novembre, et fait part de leur crainte d'une escalade de la violence.

Sommet de la Cédéao

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) affirme disposer d'accusations étayées faisant état de la mort d'au moins 173 personnes dans des violences et des arrestations pendant la période allant du 16 au 21 décembre.

L'ambassadrice des États-Unis auprès du HCDH, Betty E. King, a parlé pour sa part de près de 200 personnes tuées dans les violences qui ont suivi le deuxième tour du scrutin.

Dans un communiqué, l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) a indiqué que des partisans masqués de Laurent Gbagbo armés de lance-roquettes barraient une route menant à Anyama, aux abords de NDotre, un village situé à la périphérie d'Abidjan renfermant, selon certaines allégations, un charnier.

Depuis l'hôtel du Golf, Soro a appelé mercredi le Conseil de sécurité des Nations unies à envisager la force pour contraindre Laurent Gbagbo à quitter le pouvoir.

Une telle initiative doit relever des pays africains, a estimé hier le ministre français de la Coopération.

«La communauté internationale, qui a ratifié les résultats en Côte d'Ivoire, est représentée par la force de l'ONU, l'ONUCI, et je ne vois pas l'ONUCI déclarer la guerre à une partie de la Côte d'Ivoire contre l'autre partie, a dit Henri de Raincourt au micro de RFI. Donc, si quelque chose devait en la matière se produire ça ne pourrait être qu'à l'initiative des pays africains eux-mêmes.»

Hier, le président français Nicolas Sarkozy a réitéré le soutien de Paris à la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) qui devait se réunir hier à Abuja pour trouver une issue à la crise ivoirienne.

Casques bleus

Paris a recommandé à ses 15 000 ressortissants de quitter la Côte d'Ivoire dans l'attente d'une normalisation de la situation. Un possible renforcement des 10 000 casques bleus de l'ONUCIi déployés en Côte d'Ivoire pour parer à toute action des partisans de Gbagbo est actuellement discuté aux États-Unis.

Les pays de l'Union européenne ont annoncé lundi qu'ils imposeraient sous peu des restrictions de déplacement à Laurent Gbagbo et son épouse ainsi qu'à 17 de ses collaborateurs.

Les ministres de la banque centrale de l'Union monétaire ouest-africaine devaient se rtéunir hier en Guinée Bissau pour discuter d'un possible gel des financements de la Côte d'Ivoire.
1 commentaire
  • Michel Gaudette - Inscrit 26 décembre 2010 16 h 07

    Passer à l'anglais comme le Rwanda a fait pour en finir avec l'influence malsaine du colonialisme francais en Afrique

    Oui, je suggère aux ex-colonies francaises d'Afrique de passer à l'anglais sous un Commonwealth chapeauté par l'Afrique du Sud afin d'en finir avec l'emprise exécrable de la France sur l'Afrique...