Côte d'Ivoire - L'ONU reconnaît l'ambassadeur d'Ouattara

Les manifestations anti-Gbagbo se poursuivent quotidiennement dans les rues d’Abidjan.<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Sia Kambou Les manifestations anti-Gbagbo se poursuivent quotidiennement dans les rues d’Abidjan.

La communauté internationale a encore accentué la pression qu’elle exerce en Côte d’Ivoire sur le président sortant, Laurent Gbagbo, qui refuse de reconnaître sa récente défaite électorale. De nature diplomatique, financière et militaire, les mesures prises ou envisagées hier pourraient inclure un renforcement du contingent de Casques bleus dans ce pays.

L'Organisation des Nations unies a fait savoir qu'elle reconnaissait Youssouf Bamba, l'ambassadeur désigné par Alassane Ouattara, considéré comme le véritable vainqueur de la présidentielle du 28 novembre.

La Commission de vérification des pouvoirs de l'Assemblée générale, chargée de vérifier les lettres de créance des ambassadeurs auprès de l'ONU, a reconnu hier par consensus le nouvel ambassadeur et son équipe, ont indiqué des diplomates. L'Assemblée générale devrait entériner ce choix par un vote de routine aujourd'hui.

Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a d'autre part annoncé, à l'issue d'une entrevue avec le président français, Nicolas Sarkozy, que l'institution avait gelé ses financements à la Côte d'Ivoire.

La «stratégie de partenariat pays» de la Banque mondiale pour la Côte d'Ivoire prévoit environ 575 millions de dollars de financements pour la période 2009-2013, selon le site Internet de l'institution.

L'Union européenne et les États-Unis ont de leur côté imposé des sanctions à Laurent Gbagbo et à ses proches pour tenter de l'amener à céder le pouvoir.

Les États-Unis, la France et les pays d'Afrique de l'Ouest discutent d'un renforcement du contingent des Casques bleus en Côte d'Ivoire, a par ailleurs déclaré hier le porte-parole du département d'État américain, P. J. Crowley.

L'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) dispose déjà d'un contingent de 10 000 hommes, tandis que la France a déployé 900 soldats d'élite dans son ancienne colonie.

«Nous avons pour le moment de simples discussions sur qui pourrait contribuer à envoyer des soldats et sur la façon d'augmenter la force de maintien de la paix des Nations unies. Des décisions doivent être prises à ce sujet, ce qui n'est pas encore le cas, a dit M. Crowley lors d'un point de presse. Ces renforts seraient un nouveau moyen d'adresser un message clair au président Gbagbo.»

À propos de ce dernier, le porte-parole de la diplomatie américaine a déclaré: «On ne peut pas exclure qu'il puisse à un moment donné défier la présence de la force [de l'ONU] en y opposant la sienne. Nous voulons espérer qu'il ne sera pas nécessaire de recourir à la force, mais nous reconnaissons par là l'intérêt d'avoir des soldats de la paix sur place.»

«Le président Gbagbo doit accepter les résultats de l'élection présidentielle, a rappelé M. Crowley. De notre point de vue, ceci n'est pas négociable.»

Sur le terrain, Guillaume Soro, le premier ministre d'Alassane Ouattara, a appelé hier le Conseil de sécurité des Nations unies à envisager la force pour contraindre Laurent Gbagbo à quitter le pouvoir.

Il a estimé que Laurent Gbagbo avait «sorti les chars» et que «200 personnes [étaient] tombées sous les balles de mercenaires libériens et angolais» depuis le début de la crise. Le président sortant s'en tient pour sa part à 20 morts.

À l'issue du second tour de la présidentielle du 28 novembre, Alassane Ouattara a été désigné vainqueur avec 54,10 % des voix face au président sortant Laurent Gbagbo par la Commission électorale indépendante. Mais le Conseil constitutionnel, acquis à M. Gbagbo, a invalidé ces résultats pourtant certifiés par l'ONU et proclamé la victoire du président sortant, qui se maintient depuis au pouvoir.

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Avec l'Agence France-Presse et Reuters
6 commentaires
  • Normand Paradis - Abonné 23 décembre 2010 05 h 27

    Nous ne sommes pas collectivement aveugle!

    Il y a encore des personnes dans le monde qui croient, sincèrement, que ce qui se manifeste en ce moment face à Laurent Gbagbo tien d’une volonté de «recolonisation» de la Côte d’Ivoire. Le néocolonialisme...indéniablement existe à plusieurs endroits... Les États ont des intérêts pour politique et les puissant influencent les décisions. Cela étant dit...faut-il croire que l’ensemble du monde, quasi unanimement, serait victime d’aveuglement néocolonialiste? Il n’y a pas suffisamment d’intérêts en Côte d’Ivoire pour mobiliser toute la planète. Mais il y a d’énormes accroc à la simple démocratie qui devient un préalable aux inter-relations. Bien sûr les intérêts demeurent présent, toujours... Mais les normes de civisme international demeurent. Pour être reconnu interlocuteur valable...on doit représenter quelque chose... Laurent Gbagbo n’est plus le président de la Côte d’Ivoire. Il apparaît comme le maire d’Abidjan...contesté...de l’intérieur depuis 10 ans. Il ne vas pas recevoir l’absolution pour un troisième terme et continuer à s’enrichir personnellement lui et ses amis...
    «Laurent Gbagbo: 1731 milliards CFA Bohoun Bouabre: 904 milliards Emmanuel Money : 676 milliards Affi N’guessan: 499
    Marcel Gossio: 454 milliards Kadet Bertin: 445 milliardsHubert Zohore: 401 milliards Pierre Amondji: 187 milliards Firmin Kouakou 143 milliards Ottro Zirignon: 132 milliards GNAMIEN KONAN : 127 milliards Jean Claude bayou: 124 milliards NADI BAMBA(2eme epouse): 98 milliards Amani Nguessan: 94 milliards
    PHILIPPE MANGOU: 87 milliards Hubert Houlaye: 78 milliards Desire Tagro 67 milliards Moise Lida kouassi:39 milliards Klan Sylvanus: 38 milliards Kassoum Fadiga: 31 milliards SEM Kone(ambassadeur en Afrique du Sude): 28 milliards Vincent Libi koita(DG de SICOGI): 24 milliards
    MOISE KORE(pasteur de Gbagbo): 16 milliards Patrice Bahi: 16 milliards SekaYapo Anselm: 12 milliards BLE GOUDE: 8 milliards

  • Normand Paradis - Abonné 23 décembre 2010 05 h 28

    Nous ne sommes pas...(suite)

    Colonel Logbo: 9 milliards Allou Eugene: 8 milliards Christine Adjobi: 7 milliards Madame Boga Doudou: 5 milliards Clotilde Oouochi: 5 milliards Sokouri Bohui: 5 milliards
    Atteby William 8 milliards
    Odette Soyet: 4 milliards Marie laure Digbeu(Journalise): 3 milliards Serges Koffi( FESCI): 2 milliards» [ blaise thomas says: 21/12/2010 at 20:56 [http://presse.lintelligentdabidjan.org/article/?p=
    100,000 Cfa (francs en vigueur en Côte d’Ivoire) équivaut en gros...à $100. dollars canadiens.(ndlr)

  • Normand Paradis - Abonné 23 décembre 2010 11 h 50

    correctif

    100,000 Cfa (francs en vigueur en Côte d’Ivoire) équivaut en gros...à $200. dollars canadiens.(ndlr)

  • Michel Gaudette - Inscrit 23 décembre 2010 20 h 08

    La maniplation sarkozyste a atteint le Canada

    Je crois que le jeu des forces internationales envenime le débat, à la grande joie de cet hypocrite de première classe qu'est Sarkozy...

    Qui saura du côté occidental, envoyer paître ce minable manipulateur???

    Qui????

  • Philippe Hubert - Inscrit 24 décembre 2010 00 h 07

    J'ai entendu

    La bourgeoisie ivoirienne ne semble pas assez puissante pour contrôler les militaires. Pour avoir une démocratie, il faut une économie plus forte et stable.

    Admettons que le président Gbagbo refuse de donner le pouvoir, j'espère au moins qu'il a l'intention de créer de l'emploi et de créer de la richesse. Avec la création de richesses, la classe bourgeoise sera plus forte et plus apte à prendre le contrôle des militaires dans un futur à moyen terme.

    L'ONU doit jongler avec le respect de la souveraineté territoriale. À mon avis, le président Gbagbo ne ressent aucune pression, car il sait que si l'ONU intervient, plusieurs groupes s'opposeront à une intervention qui parraîtrait illégitime.

    J'espère que ça va se régler diplomatiquement...