Crise ivoirienne - L'ONU dénonce des exactions «massives»

Une partisane de Laurent Gbagbo, samedi<br />
Photo: Agence Reuters Luc Gnago Une partisane de Laurent Gbagbo, samedi

Abidjan — L'ONU a dénoncé hier des «violations massives des droits de l'homme» qui ont fait plus de 50 morts ces derniers jours en Côte d'Ivoire et a rejeté l'exigence de Laurent Gbagbo d'un retrait des Casques bleus.

À Genève, la Haute commissaire aux droits de l'homme des Nations unies, Navi Pillay, a affirmé que les violences ont fait «ces trois derniers jours plus de 50 morts et plus de 200 blessés».

Jusqu'à présent, les bilans sur place faisaient état de 11 à une trentaine de morts depuis jeudi dans des violences entre partisans de Laurent Gbagbo et d'Alassane Ouattara, qui se disputent la présidence depuis le scrutin du 28 novembre. Le gouvernement Ouattara a parlé hier de «45 morts» depuis jeudi.

La responsable onusienne s'est inquiétée de «violations massives des droits de l'homme», évoquant notamment des enlèvements dont ont fait état des «centaines de victimes et membres de leurs familles».

Selon elle, ces enlèvements seraient commis «particulièrement la nuit, par des individus armés non identifiés en tenue militaire, accompagnés d'éléments des Forces de défense et de sécurité [FDS] ou de milices». Les FDS sont le pilier sécuritaire du régime Gbagbo.

La Côte d'Ivoire est sous couvre-feu nocturne depuis la veille de la présidentielle du 28 novembre.

Les Nations unies reconnaissent Ouattara comme président élu, à l'image de la quasi-totalité de la communauté internationale. Le Canada a à son tour hier appelé Gbagbo à partir.

Fin de non-recevoir

L'ONU a opposé une fin de non-recevoir à la demande du président sortant d'un retrait de sa mission dans le pays, l'ONUCI. Le secrétaire général Ban Ki-moon l'a averti des «conséquences» s'il s'en prenait à elle.

L'ONUCI a toutefois poursuivi hier ses patrouilles dans Abidjan.

Peu avant que Gbagbo n'exige le retrait des Casques bleus (10 000 hommes) et des 900 soldats français de la force Licorne, le siège de l'ONUCI à Abidjan avait essuyé des tirs d'hommes armés «vêtus de tenues militaires» dans la nuit de vendredi à samedi, selon la mission. Le président sortant et les FDS ont accusé l'ONUCI d'appuyer militairement l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) alliée à Ouattara. Mais Ouattara a écrit à Ban Ki-moon pour lui dire qu'il demande le maintien des Casques bleus et que «les décisions de Laurent Gbagbo sont nulles et de nul effet», selon Patrick Achi, porte-parole de son gouvernement.

Le Conseil de sécurité doit se réunir aujourd'hui pour évoquer la situation dans le pays et le renouvellement du mandat de l'ONUCI, qui expire le 31 décembre.

En raison du risque de «violences», le Royaume-Uni a recommandé hier à ses ressortissants de quitter la Côte d'Ivoire. Les États-Unis ont ordonné aux employés non essentiels de leur ambassade et à leurs familles de quitter le pays. Le durcissement du régime Gbagbo s'est également traduit par la suspension de la publication de plusieurs journaux favorables à Alassane Ouattara.

La montée de la tension entre les deux camps se traduit à l'étranger. En France, où vit une forte communauté ivoirienne, des heurts à Paris entre partisans de Gbagbo et Ouattara ont fait deux blessés, dont un à l'arme blanche.
9 commentaires
  • Lohoreson - Inscrit 20 décembre 2010 08 h 33

    Onu en Cote d'ivoire.

    L'ONU perd sa valeur sur le plan internationale à cause de la Cote d'ivoire.
    Plus tard le Monde verra que c'est vrai ce que je dis par ce que rien de concrète .Quel est son problème ? On ne sait pas.
    Quel est sa mission en Cote d'ivoire? Encore rien.
    Ne mettons pas l'avenir d'une génération en danger sinon c'est criminel.
    La Cote d'ivoire a des relations importante avec le Monde et donc faisons preuve de bonne foi pour ne pas perdre la tête à l'opinion internationale.
    La vérité finie toujours par triomphé du mensonge.

  • Normand Paradis - Abonné 20 décembre 2010 10 h 02

    Le Canada bouge...enfin!

    Laurence Cannon dans un communiqué: «Le Canada ne reconnaît pas le gouvernement de M. Gbagbo doit respecter la volonté démocratique du peuple ivoirien et céder immédiatement le pouvoir à M. Ouattara.» Je suis fiers que notre pays ait pris une mesure préliminaire à cet effet. «S'il refuse, le Canada à l'intention de prendre diverses mesures contre M. Gbagbo, sa famille et son entourage, y compris l'imposition de sanctions économiques et de restriction de voyage.» La Haut commissaire aux droits de l`Homme de l`ONU, Navi Pillay, a aussi dénoncé des "violations massives des droits de l`Homme", évoquant en particulier des enlèvements commis de nuit par des "individus armés non identifiés en tenue militaire", accompagnés par des soldats des FDS et miliciens fidèles à Laurent Gbagbo. Il faut éviter que la Côte d'Ivoire sombre dans l'anarchie et devienne un état voyou.

  • Un Africain - Inscrit 20 décembre 2010 11 h 15

    Toujours la meme sauce!

    L'afrique est la partie molle du monde où tous les energumènes peuvent prendre position et raconter n'importe quoi. Je vous inviterai a ne pas copier et coller bêtement les articles pondus par la propagande francaise. Les journalistes canadiens devraient s'abstenir, car l'ignorance nous conduit à la bétise quand on s'entete.

  • Normand Paradis - Abonné 20 décembre 2010 12 h 17

    Le Conseil de sécurité se prononce!

    Le mandat de l'ONUCI est prolongé de six (6) mois suite à la demande du président élu Alassane Ouattara. «La Haut commissaire aux droits de l'homme des Nations unies, Navi Pillay, a affirmé que les violences ont fait "ces trois derniers jours plus de 50 morts et plus de 200 blessés".«La responsable onusienne s'est inquiétée de "violations massives des droits de l'Homme", évoquant notamment des enlèvements dont ont fait état des "centaines de victimes et membres de leurs familles". Ces enlèvements seraient commis "la nuit, par des individus armés non identifiés en tenue militaire, accompagnés d’éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS) ou de milices". Les Force de Défense et de Sécurité du président auto-proclamé Gbagbo.

  • Vivianne KOUASSI - Inscrit 20 décembre 2010 20 h 34

    SOS! SOS! SOS!

    Je suis une jeune ivoirienne vivant actuellement à Abidjan, dans le quartier de Koumassi-Remblais.
    Je viens en ce soir vous crier du plus profond de mon être ce SOS.
    Car effectivement, depuis le 16 décembre 2010, nous vivons dans l'insécurité totale avec des tirs de mitraillettes et des tentatives de forcing de nos portails les nuits, sans obtenir aucune aide des forces de l'ordre ni de l'ONU malgré nos nombreux appels au secours.
    Ces tirs que j'ai personnellements vécu hier 20 décembre 2010, de 3h à 4h dans la muit et aujourd'hui même 21 décembre 2010 depuis 00h05mn. Ses hommes en tenue militaires, parfois à pied ou en voiture "CECOS 51", sont quelques fois aussi accompagnés de personnes en civiles indiquants des portes... Je ne peux plus feindre la réalité, puis que je la vois et la vis à présent!
    SOS! SOS! SOS! nous sommes à leur merci. Pour l'amour du Ciel, aidez nous! Une mère célibataire qui ne dort plus les nuits, mais passe son temps désormais à veiller sa petite fille de 02 ans.