La Côte d’Ivoire sous haute tension

Les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes contre les manifestants qui leur lançaient des pierres aujourd’hui à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Trois personnes ont été tuées par balles alors que le président reconnu par la communauté internationale, Alassane Ouattara, et ses partisans avaient appelé à reprendre les bâtiments publics et la télévision d’État.

Un journaliste de l’AP présent dans le quartier d’Abobo a vu trois corps d’hommes dans la rue, les trois tués par balle.

Plusieurs autres personnes ont été blessées dans d’autres quartiers de la ville au cours d’affrontements entre partisans d’Alassane Ouattara et du président sortant Laurent Gbagbo.

Le bâtiment de la télévision était gardé par les hommes de Laurent Gbagbo, des policiers et des soldats, laissant craindre une confrontation violente entre les deux camps. Les rues alentour étaient bloquées par des barrages de fortune. Deux chars étaient garés près des lieux.

La plupart des magasins et des entreprises étaient fermés à Abidjan et les rues de la capitale économique vides à l’exception des soldats et la police.

Dans tout Abidjan, des soldats et des policiers étaient postés à chaque intersection principale.
Alassane Ouattara a prévu une deuxième marche demain pour reprendre certains bâtiments du gouvernement et organiser son conseil des ministres. Pour l’instant, le président Ouattara gouverne depuis un hôtel gardé par ses partisans et les soldats de l’ONU.

Mercredi, le secrétaire-général des Nations unies Ban Ki-moon a prévenu qu’un tel environnement de tensions politiques pourrait provoquer une nouvelle guerre civile.

Dans un message lu mercredi à la télévision, l’armée fidèle à Gbagbo a exhorté les partisans d’Alassane Ouattara à ne pas participer à la marche d’aujourd’hui. Le porte-parole de l’armée Hilaire Gouhourou a prévenu qu’il tiendrait responsable l’envoyé spécial de l’ONU Choi Young-jin si des violences se produisaient.

La victoire d’Alassane Ouattara au second tour de la présidentielle a été reconnue par la communauté internationale mais Laurent Gbagbo a rejeté les appels des États-Unis, de l’UE, de la France, et de l’Union européenne à démissionner. Tous deux ont prêté serment et formé des gouvernements la semaine dernière.