Présidentielles maintes fois reportées - Les Ivoiriens aux urnes

Des supporters du président sortant Laurent Gbagbo, hier à Abidjan<br />
Photo: Agence Reuters Luc Gnago Des supporters du président sortant Laurent Gbagbo, hier à Abidjan

Abidjan — Les Ivoiriens sont appelés aux urnes demain pour une élection présidentielle maintes fois reportée et censée mettre fin à la partition de fait de leur pays. Ce scrutin présidentiel est le premier en dix ans en Côte d'Ivoire, coupée en deux depuis une tentative de coup d'État en 2002.

Le premier tour met aux prises le président sortant, Laurent Gbagbo, avec ses deux principaux opposants, l'ex-chef de l'État Henri Konan Bédié et le nordiste Alassane Ouattara, qui avait été exclu du précédent scrutin en 2000 en raison des doutes sur son «ivoirité».

Cette élection est jugée essentielle pour permettre au pays de retrouver sa place de poumon économique régional et de premier producteur mondial de cacao.

Si l'élection se passe en douceur, les experts s'attendent à un retour des investisseurs dans les secteurs de la construction et des télécommunications et à une réforme de l'industrie ivoirienne du cacao, qui satisfait 40 % de la demande mondiale.

«Je n'ai pas peur pour le vote. Je n'ai jamais eu peur pour la campagne électorale. Mais comment est-ce que les partis et leurs partisans vont réagir à l'annonce des résultats? C'est ça qui me donne quelques inquiétudes», a déclaré Gbagbo.

«Oui, je veux garder le pouvoir. Où est le problème? Si je ne voulais pas garder le pouvoir, je ne serais pas candidat. Je suis candidat parce que je n'ai pas fini de faire ce que j'ai à faire», a-t-il ajouté.

Le risque de violences qui plane sur le scrutin n'a pas ébranlé l'espoir de nombreux Ivoiriens de voir s'installer une paix durable.

L'élection présidentielle, qui devait à l'origine se tenir en 2005, a été maintes fois reportée en raison de querelles sur la définition du corps électoral — la question étant de savoir qui est ivoirien et qui ne l'est pas — et sur le désarmement des rebelles du Nord.

La distribution de cartes d'identité aux électeurs a finalement ouvert la voie à l'organisation du scrutin. Laurent Gbagbo a décrété la journée d'hier jour férié afin de permettre aux Ivoiriens de retirer leurs cartes d'identité et d'électeur, pour ceux qui ne l'ont pas déjà fait.

Responsables de l'ONU et diplomates pressent les trois candidats d'accepter la sanction des urnes, quelle qu'elle soit, et de ne pas céder à la tentation de crier victoire trop vite. Si aucun candidat n'est désigné vainqueur dès le premier tour, les autorités électorales envisagent d'organiser un second tour d'ici fin novembre.