Des Soudanais viennent étudier l'expérience référendaire québécoise

Des ténors du parti du président soudanais, Omar el-Béchir, et des ex-rebelles sudistes entament ce week-end une visite au Canada afin d'étudier les deux référendums sur la souveraineté du Québec, en préparation d'une consultation similaire prévue en janvier prochain au Sud-Soudan.

«Il s'agit d'une visite conjointe entre le NCP et le SPLM afin de se préparer au référendum d'indépendance du Sud-Soudan», a dit hier à l'AFP Yasser Arman, un des leaders du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM).

[«Le SPLM et le NCP ont été invités par le gouvernement canadien afin de partager l'expérience du Canada où deux référendums ont eu lieu déjà, a déclaré Anne Itto, la secrétaire générale du SPLM.

Selon nos informations, la délégation soudanaise rencontrera des politiciens des camps fédéralistes et souverainiste, dont Stéphane Dion, du parti libéral, et Daniel Turp, du parti Québécois, ainsi que des universitaires et des fonctionnaires d'Élection Canada et du bureau du Directeur général des élections du Québec.

L'initiative est financée par l'Agence canadienne de développement internationale (ACDI) et organisée par l'Institut canadien d'administration publique.

Le Québec a tenu deux référendums sur son indépendance, en 1980 et 1995. Les Québécois avaient voté par une courte majorité (50,6 %) en faveur de leur maintien au sein du Canada lors de ce dernier référendum.

Les Sud-Soudanais doivent se prononcer en janvier prochain lors d'un référendum dans lequel ils auront à choisir entre leur indépendance ou leur maintien au sein du Soudan. Selon la loi référendaire soudanaise, l'indépendance du Sud-Soudan sera reconnue si cette option récolte une majorité absolue (50 % + une voix) avec une participation de 60 %.

Ce référendum est l'élément clé de l'accord de paix global (CPA) ayant mis fin en 2005 à deux décennies de guerre civile entre le Nord, majoritairement musulman, et le Sud, en grande partie chrétien. Ce conflit à l'origine de deux millions de morts était nourri par des différends politiques, religieux, ethniques et économiques entre les deux régions.

Transition pacifique

La délégation soudanaise doit se rendre à Ottawa, Montréal et Québec dans le cadre de cette tournée d'une semaine qui vise à préparer les représentants soudanais aux aspects «techniques» liés à l'organisation d'un référendum et à une transition pacifique à l'issue du plébiscite.

L'option sécessionniste devrait triompher lors de ce référendum, estiment plusieurs analystes qui craignent toutefois une flambée de violence avant, pendant et surtout après le scrutin qui pourrait aboutir à la partition du plus grand pays d'Afrique.

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Avec l'Agence France-Presse
 
1 commentaire
  • Guy Jr - Abonné 3 août 2010 16 h 37

    Le Québec sera-t-il invité ailleurs un jour ?

    Si un jour le Québec et ses représentants officiels ( députés, ministres, élus de l'opposition, fonctionnaires du DGE) étaient invités au Soudan afin qu'ils nous expliquent comment ils ont réussi à faire un référendum dans le calme et négocier une souveraineté dans la Paix ! Alors, comment les politiciens et partis politiques du Canada réagiraient-ils ?
    Le gouvernement fédéral et les politiciens candiens seraient-ils d'accord avec une invitation étrangère afin de nous aider dans notre accession à la souveraineté. La même situation pourrait se produire avec la Slovaquie ou la République tchèque.
    Il est donc un peu surprenant de voir des élus d'Ottawa venir montrer aux Soudanais comment gérer un référendum ! A moins qu'ils ne soient du coté du Non pour ce référendum africain ?
    Guy Junior de Québec