L'opposition ivoirienne devrait faire son entrée au gouvernement

Abidjan — L'opposition ivoirienne a annoncé hier sa prochaine entrée au gouvernement, esquissant ainsi la fin de la crise née il y a exactement deux semaines de la dissolution du cabinet et de la Commission électorale indépendante (CEI) par le président Laurent Gbagbo.

Alors que le mystère avait plané toute la journée, c'est sans représentants d'opposition que le Conseil des ministres s'est tenu dans l'après-midi au palais présidentiel à Abidjan.

Mais le premier ministre reconduit, Guillaume Soro, chef de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), a souligné que les discussions se poursuivent pour «finaliser» l'équipe, et s'est montré optimiste sur leur issue. Réunie au sein du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), l'opposition a confirmé ses dires, affirmant avoir «décidé de faire [son] entrée au gouvernement».

Le RHDP et son allié dans cette crise, le Parti ivoirien des travailleurs (PIT), une petite formation, devraient donc bientôt occuper les ministères qui leur ont été promis. Le cabinet dévoilé mardi présente en effet la particularité de compter seulement 17 ministres nommés, et 11 postes à pourvoir par l'opposition.

La remise sur pied de la CEI dans la nuit de jeudi à hier avait levé un obstacle de taille à ce retour aux affaires, le RHDP en ayant fait un préalable.

Selon des sources concordantes, les dernières discussions avaient buté sur les noms des futurs ministres, M. Gbagbo refusant la reconduction de titulaires RHDP de la précédente équipe, notamment des personnalités assumant d'importantes fonctions dans la campagne électorale de leur parti. L'opposition a confirmé cet apaisement en demandant à ses partisans de «suspendre toute manifestation».

Appelés par leurs leaders à s'opposer «par tout moyen» à la «dictature» de M. Gbagbo après la double dissolution, des militants RHDP avaient organisé à travers le pays des manifestations parfois violentes. Au moins sept personnes sont mortes lors de la répression de protestations. Ces derniers jours, ces manifestations avaient nettement diminué en nombre et en intensité.

Avant même qu'il soit au complet, M. Soro a affirmé que ce «gouvernement de mission» devait conduire le pays à une élection présidentielle «dans les trois à quatre mois courants», soit fin juin au plus tard.