Canadiens torturés: le SCRS ne s'est pas inquiété

Ottawa — De nouvelles informations dévoilées hier révèlent que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) s'est rendu en Égypte pour savoir si le gouvernement de ce pays détenait un ressortissant canadien, mais ne se serait pas davantage inquiété de son sort. L'homme de Toronto aurait par la suite été torturé.

C'est du moins ce que révèlent les passages d'un rapport d'enquête dévoilés mardi par une commission fédérale au sujet de la torture à l'étranger d'Ahmad el-Maati et de deux autres ressortissants canadiens, Abdullah Almalki et Muayyed Nureddin.

Le gouvernement Harper tentait d'empêcher, depuis un an, la divulgation de certaines portions du rapport parce qu'elle pouvait menacer la sécurité nationale.

Dans son rapport déposé en octobre 2008, l'ancien juge à la Cour suprême Frank Iacobucci concluait que les autorités canadiennes avaient contribué à la torture des trois hommes en partageant avec des services de renseignement étrangers certains renseignements — notamment des informations sans fondement au sujet de leurs présumés liens avec des extrémistes.

Aucun de ces hommes — ils se trouvent tous au Canada aujourd'hui et nient avoir été impliqués dans des activités terroristes — n'a été accusé de quoi que ce soit. Ils auraient été torturés dans leur cellule en Syrie. Ahmad el-Maati, âgé de 45 ans, aurait également été torturé en Égypte.