Coup d’État au Niger

Tentative de coup d’État au Niger. Des soldats en armes ont investi le palais présidentiel à Niamey aujourd’hui, et on est depuis sans nouvelle du président Mamadou Tanjda, selon des témoins et un journaliste local qui se trouvaient au palais.

D’après Moussa Mounkaila, chauffeur de la présidence, les commandos ont fait irruption alors qu’une réunion avec les ministres du gouvernement était en cours. «Des véhicules blindés sont arrivés au palais et ont commencé à tirer sur le bâtiment», a-t-il déclaré, ajoutant que les mutins venaient d’un camp militaire à Tondibia, à une douzaine de kilomètres de la capitale.

Des tirs ont été entendus pendant une vingtaine de minutes et de la fumée s’est ensuite échappée du palais présidentiel. Des soldats ont bloqué les rues menant au bâtiment. Et, selon Amadou Traoré, journaliste qui travaillait sur place, on est sans nouvelle de Mamadou Tandja depuis.

Aucun responsable du gouvernement n’était joignable, et la radio nationale n’a pas mentionné les événements en cours dans l’après-midi. Dans la soirée, la radio a diffusé de la musique militaire, comme elle l’avait fait lors de deux coups d’État précédents au Niger à la fin des années 1990.

Tout avait commencé dans l’après-midi, lorsque des tirs d’armes automatiques ont retenti pendant une quinzaine de minutes dans les environs de la présidence. Le centre de Niamey a été déserté, les habitants se réfugiant chez eux.

Cette tentative de coup d’État intervient après plusieurs mois de tensions au Niger entre le président Tandja et l’opposition, qui l’accuse de dérives totalitaires.

En mai 2009, le chef de l’État a dissous le Parlement, qui était opposé à l’organisation d’un référendum en août lui permettant de prolonger son second mandat au-delà de son terme officiel, en décembre dernier. La décision était légale mais, en juin, Mamadou Tanjda a invoqué des pouvoirs extraordinaires pour gouverner par décret. Or, la Constitution du Niger n’autorise le président à agir ainsi qu’en cas de menace grave sur le pays, et avec un Parlement en place pour empêcher d’éventuels abus de pouvoir.

Quelques jours plus tard, la Cour constitutionnelle a jugé illégal ce référendum. Mamadou Tanjda a réagi par décret en dissolvant la Cour, et en la remplaçant par une autre dont il avait choisi les membres. L’opposition proteste depuis contre l’acharnement à rester au pouvoir de Tandja, jusque là élu puis réélu lors d’élections jugées équitables.

Pays du sud du Sahara, frappé par la sécheresse et la désertification, le Niger a connu trois coups d’État entre 1974 et 1999. Le pays, qui figure parmi les moins développés selon l’index des Nations unies, a un taux de 70% d’illettrisme parmi sa population, et le plus fort taux de natalité au monde.