Israël va construire un nouveau mur à la frontière égyptienne

Des immigrants éthiopiens ont manifesté hier devant les bureaux de Benjamin Nétanyahou.
Photo: Agence Reuters Baz Ratner Des immigrants éthiopiens ont manifesté hier devant les bureaux de Benjamin Nétanyahou.

La construction de nouveaux murs au Proche-Orient semble sans fin. On connaissait déjà les «barrières de sécurité» israéliennes, qui entaillent profondément la Cisjordanie et séparent l'État hébreu de la bande de Gaza. On apprenait en novembre la construction par l'Égypte d'une barrière souterraine en acier entre son territoire et l'enclave palestinienne gouvernée par le Hamas.

Le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, a approuvé dimanche la construction d'un nouveau mur, cette fois à la frontière égyptienne. «J'ai pris la décision de fermer la frontière sud d'Israël aux éléments infiltrés et aux terroristes. C'est une décision stratégique visant à préserver le caractère juif et démocratique d'Israël», a expliqué Benjamin Nétanyahou dans un communiqué.

Un responsable israélien, qui a requis l'anonymat, a précisé que trois barrières seront édifiées le long des 266 km de frontières entre les deux pays. L'une d'elles sera bâtie près de la ville méridionale d'Eilat, une autre à proximité de la bande de Gaza. Selon le journal israélien Haaretz, le coût du projet du ministère de la Défense, qui doit voir le jour d'ici 2012, avoisine les 400 millions de dollars. La BBC indique que l'Égypte ne devrait pas s'opposer à la construction des murs, dans la mesure où ils sont situés en territoire israélien.

Des décès

Ces derniers doivent permettre de combattre l'immigration clandestine, en provenance majoritairement du Darfour. «Israël autorisera l'entrée de réfugiés en provenance de zones de conflit mais ne permettra pas que ses frontières soient utilisées pour inonder le pays de travailleurs illégaux», a ainsi déclaré Benjamin Nétanyahou.

Le ministère de l'Intérieur israélien évalue à 300 000 le nombre de personnes en situation irrégulière sur son territoire. Au cours des cinq dernières années, 24 000 migrants seraient passés illégalement par la frontière méridionale, selon des chiffres cités par l'IRIN, un réseau d'information rattaché au bureau des affaires humanitaires de l'ONU.

Si Israël fustige régulièrement le manque de contrôle des autorités égyptiennes dans cette région désertique, plusieurs ONG ont critiqué le traitement qui y est réservé aux migrants africains. En septembre, Human Rights Watch (HRW) a demandé au Caire de «mettre fin immédiatement aux meurtres illégaux de migrants et demandeurs d'asile».

28 personnes auraient été tuées par les tirs des policiers égyptiens en 2008, selon Amnesty International, et une vingtaine en 2009. Ce chiffre pourrait être «beaucoup plus élevé», d'après les témoignages de migrants érythréens, indiquant que de nombreux cadavres seraient abandonnés dans le désert.

Il y a quatre mois, HRW pointait également l'attitude des forces israéliennes, qui renvoient par la force certains migrants en Égypte, sans même examiner d'éventuelles demandes d'asile. «Cela viole la législation internationale», expliquait l'ONG.
1 commentaire
  • Jean Leveillee - Abonné 26 mars 2010 10 h 54

    Un nouveau ghetto!

    Cela va finir par ressembler de plus en plus au ghetto de Varsovie.
    À force de se couper du monde en ne respectant pas les règlements de l'ONU Israël concrétise son isolement en s'emmurant soi-même.