Après 300 000 morts - La guerre au Darfour serait terminée

Des Somaliennes qui ont fui le conflit au Darfour ont manifesté la semaine dernière près de Mogadiscio à la suite de la réduction des rations alimentaires qui leurs sont distribuées.
Photo: Agence Reuters Des Somaliennes qui ont fui le conflit au Darfour ont manifesté la semaine dernière près de Mogadiscio à la suite de la réduction des rations alimentaires qui leurs sont distribuées.

Après des années de conflit, le décès de 300 000 civils, selon l'ONU, et des millions de Somaliens déplacés, la guerre serait en voie de se résorber à cause de la fragmentation de la rébellion.

Khartoum — Le Darfour n'est plus en guerre et seul un mouvement rebelle y est encore capable de lancer des offensives militaires limitées, a affirmé mercredi le commandant de la MINUAD, Martin Luther Agwai.

Le conflit se réduit désormais à des combats «de faible intensité» et à des actes de banditisme, a dit le commandant de la Mission des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour (MINUAD).

Des incidents pourraient toutefois affecter pendant des années cette région occidentale du Soudan, en proie à la guerre civile depuis 2003, si aucun accord de paix n'est trouvé, a-t-il ajouté. Le conflit au Darfour — à l'origine de 300 000 morts selon les estimations de l'ONU, 10 000 selon le Soudan, et de 2,7 millions de déplacés — opposait à ses débuts en 2003 deux groupes rebelles aux forces soudanaises appuyées par des milices arabes.

Aujourd'hui, la rébellion du Darfour s'est fragmentée en une vingtaine de groupes dont un seul, le Mouvement pour la Justice et l'égalité (JEM) de Khalil Ibrahim, a la capacité de lancer des attaques contre le gouvernement, souligne M. Agwai.

«Aujourd'hui, je ne dirais pas qu'une guerre est en cours au Darfour», a dit Agwai. «Militairement, il n'y pas grand-chose. Désormais, il y a plutôt des problèmes de sécurité. Banditisme, problèmes localisés, des gens qui essaient de résoudre des problèmes touchant à l'eau ou aux terres à un niveau local. Mais je pense que nous avons passé le stade d'une vraie guerre en tant que telle», a-t-il ajouté.

Les propos de Martin Luther Agwai, chef de la MINUAD depuis deux ans, un poste qu'il quittera jeudi, font écho à ceux du représentant spécial de l'ONU au Darfour, Rodolphe Adada.

En avril dernier, il avait estimé que la région de l'Ouest soudanais était désormais en proie à un «conflit de faible intensité», ce qui avait provoqué la colère des militants occidentaux de la cause darfourie et de plusieurs diplomates.

Selon Agwai, la relative accalmie est due notamment aux divisions apparues dans les mouvements rebelles. «En raison de la fragmentation des groupes rebelles, je ne vois rien d'important se produire», a-t-il dit. «À l'exception du JEM [Mouvement pour la justice et l'égalité], je ne vois pas d'autre groupe qui puisse lancer une attaque sur le terrain», a-t-il encore dit.

Même le JEM, auteur l'année dernière d'une offensive sans précédent dans la capitale soudanaise, est encore capable de mener des assauts sporadiques, mais plus de reprendre des territoires entiers, selon Martin Luther Agwai.

Ce mouvement rebelle a affronté l'armée soudanaise à de multiples reprises au cours des derniers mois, notamment à Muhajiriya, ville stratégique du Sud-Darfour, et Umm Baru, près de la frontière tchadienne.