Kadhafi parle aux femmes avant d'aller prier, oubliant les députés

Rome — La visite de Mouammar Kadhafi à la Chambre des députés italiens hier soir a été annulée par le président de la Chambre, Gianfranco Fini, en raison du retard du chef libyen, a-t-on appris auprès du service de presse de la Chambre.

Pour tenter d'apaiser cet incident diplomatique, l'ambassade libyenne en Italie a expliqué, dans un communiqué publié dans la soirée, que ce retard était dû à la traditionnelle prière du vendredi, a rapporté l'agence de presse italienne Ansa.

Le chef libyen s'est lui-même excusé de cet incident auprès d'un des organisateurs de la rencontre, qui devait avoir pour thème les relations entre la Libye et l'Italie. Il «a exprimé son regret pour le rendez-vous manqué», a indiqué l'ancien premier ministre (PD) Massimo D'Alema, qui était venu retrouver Mouammar Kadhafi dans sa résidence romaine et s'est entretenu avec lui durant environ une heure.

En annonçant l'annulation de la rencontre aux invités qui attendaient depuis plus de deux heures, M. Fini a affirmé, sous les applaudissements : «C'est un retard qui n'est pas justifié. Dans le plein respect des institutions, je considère que la manifestation est annulée et j'en assume la responsabilité.»

Le dirigeant libyen est connu pour accumuler les retards. Mouammar Kadhafi avait regagné en milieu d'après-midi la résidence romaine réservée aux hôtes de marque, après une rencontre avec un millier de femmes italiennes du monde de la culture, de la politique et de l'économie.

Les femmes dans le monde arabe et musulman sont comme «des meubles» que l'on peut déplacer à volonté sans devoir répondre à qui que ce soit, a alors estimé le chef libyen. «Le monde a besoin d'une révolution féminine basée sur une révolution culturelle», a-t-il ajouté, sans davantage de précisions. Dans ce contexte, il a simplement cité de «grandes femmes dans l'histoire de l'Italie, dont Matilde Serao», l'écrivaine, mais changeant de registre, il a également évoqué l'actrice Claudia Cardinale, selon Ansa.

La ministre italienne de l'Égalité des chances, Mara Carfagna, a assuré avant la réunion qu'elle demanderait «personnellement au leader libyen de s'engager pour que les femmes africaines puissent, comme partout ailleurs dans le monde, voir leurs droits reconnus».

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