Darfour - La libération de la Québécoise Stéphanie Jodoin confirmée

C'est confirmé: la travailleuse humanitaire Stéphanie Jodoin a été libérée. Retenue en otage avec sa collègue française Claire Dubois depuis le 4 avril dernier, la jeune Québécoise de 31 ans se trouverait maintenant en sécurité à Khartoum, au Soudan, et devrait retrouver sous peu ses parents, à Paris.

En début de journée hier, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a déclaré que les deux jeunes femmes, qui étaient à l'emploi de l'ONG Aide médicale internationale, étaient «en bonne santé».

Le père de Stéphanie Jodoin, Denis Jodoin, avait pour sa part eu la nouvelle mercredi, en début de journée. Le ministère des Affaires étrangères avait d'abord refusé de confirmer cette annonce, avant de certifier la nouvelle, hier.

Denis Jodoin a fait hier peu de commentaires sur la libération de sa fille, mais il a affirmé qu'il lui avait parlé hier matin et que toute la famille était «très contente» de savoir qu'elle se trouve maintenant en sécurité.

«Tout ce que nous confirmons, c'est qu'elle a été libérée. Nous lui avons parlé, nous sommes très heureux, mais je ne veux pas m'avancer plus que ça», a indiqué M. Jodoin, en entrevue à la Presse canadienne. Sa femme et lui se trouvent maintenant à Paris, dans le but d'accueillir leur fille, qui doit d'abord subir des tests médicaux et répondre à plusieurs interrogatoires, notamment au sujet de ses ravisseurs.

Une attente en montagnes russes

Myriam Lefort, une amie d'enfance de Stéphanie Jodoin, évoque les longues et douloureuses 25 journées d'attente qu'ont vécues la famille et l'entourage de la jeune femme, ponctuées d'espoirs et de découragements. Au cours des dernières semaines, elle a visité plusieurs fois par semaine la famille Jodoin, qui vit à Mont-Saint-Hilaire. Il lui est même arrivé d'être présente lorsque Stéphanie a appelé ses parents. «Je lui ai parlé rapidement, quelques mots, pour lui dire que je l'aimais et que je pensais à elle», raconte Mme Lefort, qui, en 1999, avait traversé le Canada en voiture avec sa bonne amie pour aller skier dans l'Ouest. «Je sais que ses ravisseurs la laissaient appeler ses parents parfois, mais ça ne durait jamais longtemps, à peine deux minutes.»

On sait qu'à plusieurs reprises, les ravisseurs, qui se faisaient appeler les Aigles de la liberté d'Afrique, avaient permis aux otages de prendre contact avec les médias. Les jeunes femmes se disaient relativement bien traitées même si elles ne recevaient pas l'eau et les médicaments que leur organisation leur envoyait.

Myriam Lefort, qui voyait sa bonne amie aussi souvent qu'elle le pouvait lors de ses passages à Montréal, lui avait parlé pour la dernière fois en mars dernier. Au téléphone, Stéphanie lui avait alors confié avoir été ébranlée par la mort de deux travailleurs soudanais de l'ONG. Mais même si la plupart des ONG avaient évacué le Soudan, la jeune femme, qui détient une maîtrise en santé publique, semblait tenir mordicus à rester sur place. «Elle sentait qu'elle allait pouvoir vraiment aider si elle restait. C'était un grand don de soi, qui n'est pas facile à comprendre», a dit Mme Lefort. «Ça m'a étonnée, mais au fond, ça ne m'a pas surprise d'elle. Elle est très courageuse.»

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avec la Presse canadienne
1 commentaire
  • Alain Lavallée - Abonné 1 mai 2009 08 h 09

    Bonjour les filles de la rue La Pommeraie

    Bien heureux que Stéphanie ait été libérée. Lorsqu'elle était jeune elle était la gardienne de mes enfants... Jeune fille remplie d'idéaux, et de rêves d'aventure... J'espère qu'elle n'a pas trop souffert de sa séquestration. Je lui souhaite

    Bon courage et bonne chance pour les années à venir...