Afrique du Sud - L'ANC fête la victoire avant le dévoilement des résultats officiels

Jacob Zuma a célébré avec ses partisans hier à Johannesburg.
Photo: Agence Reuters Jacob Zuma a célébré avec ses partisans hier à Johannesburg.

Les partisans du Congrès national africain (ANC) ont célébré par milliers hier, avant même l'annonce des résultats officiels des élections générales, la victoire du Congrès national africain (ANC), crédité d'une solide avance après dépouillement de 40 % des suffrages.

Après dépouillement de près de la moitié des suffrages, le parti au pouvoir en Afrique du Sud depuis la fin du régime d'apartheid, en 1994, est crédité de 66,7 % des voix. L'Alliance démocratique obtient 16,2 % et le COPE, Congrès du peuple créé par des dissidents de l'ANC, est à 7,8 %, loin des ambitions qui avaient présidé à sa création, à la fin de l'année dernière.

«Ce parti est un éléphant. On ne peut pas faire tomber un éléphant», a lancé le président de l'ANC, Jacob Zuma, qui va devenir le prochain président de l'Afrique du Sud (le chef de l'État est élu par les députés).

La participation est estimée à 76 %, taux équivalent à celui du scrutin de 2004 qui avait vu l'ANC l'emporter avec 70 % des suffrages.

Une aura intacte

Malgré une bonne performance de l'opposition, l'ANC devrait conserver sa majorité des deux tiers au Parlement, seuil requis pour modifier la Constitution. Aux yeux de nombreux électeurs, les échecs de l'ANC dans la lutte contre la criminalité, le sida ou la pauvreté, n'ont pas encore entamé l'aura qu'elle s'est forgée en combattant l'apartheid.

Alors que le Congrès du Peuple (COPE) entendait s'imposer comme la première force de l'opposition, la concurrence la plus rude est venue de l'Alliance démocratique (DA), dirigée par Helen Zille, une blanche.

La DA s'impose notamment avec 51,54 % dans la province du Cap occidental, ou l'ANC avait recueilli 45,25 % des voix en 2004. La DA a remporté une victoire toute symbolique à Robben Island, l'ancienne île-pénitencier au large du Cap où furent jadis emprisonnés Nelson Mandela et Jacob Zuma.

Les résultats définitifs pourraient être dévoilés aujourd'hui, mais il ne fait guère de doute que Zuma va devenir à 67 ans le prochain président sud-africain, quelques semaines seulement après l'abandon de poursuites dans une affaire de corruption.

Le futur chef de l'État devra notamment rassurer les investisseurs étrangers, qui craignent de voir ses alliés syndicaux lui faire prendre un virage à gauche, au moment ou la première économie du continent est à son tour touchée par la récession.