Montréalaise kidnappée au Darfour

L’enlèvement est survenu à Saraf Omra, où Médecins sans frontières gère une clinique et un dispensaire desservant plusieurs dizaines de milliers de personnes.
Photo: Agence Reuters L’enlèvement est survenu à Saraf Omra, où Médecins sans frontières gère une clinique et un dispensaire desservant plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Trois membres de l'organisation Médecins sans frontières ont été enlevés mercredi au Darfour, dont une infirmière montréalaise. Apparemment, tous seraient toujours en vie. Une demande de rançon a d'ailleurs été formulée par les ravisseurs.

L'organisation Médecins sans frontières tente par tous les moyens de faire libérer trois de ses membres kidnappés dans un campement de l'organisme au Darfour, une région du Soudan qui figure parmi les endroits les plus dangereux de la planète.

Selon ce qu'a confirmé hier en fin d'après-midi une porte-parole de l'organisation, Avril Benoît, une infirmière canadienne résidante de Montréal, Laura Archer, fait partie du groupe.

Elle a d'ailleurs précisé que, d'après les informations dont dispose Médecins sans frontières (MSF), tous seraient vivants. «Ils ont un téléphone satellite, a-t-elle expliqué au Devoir. Ils ont pu faire un appel mercredi soir [heure du Québec]. Le responsable terrain a pu appeler un responsable pour confirmer qu'ils étaient sains et saufs, qu'ils étaient ensemble et qu'ils avaient mangé. Il n'y a pas eu de violences.»

Mme Benoît a ajouté qu'aucun autre contact n'avait été possible depuis. La porte-parole canadienne de MSF n'a pas non plus voulu confirmer quelque information que ce soit au sujet d'une demande de rançon qui aurait été formulée par les ravisseurs, et ce, afin de ne pas nuire aux efforts pour libérer les personnes enlevées. Outre l'infirmière canadienne, un médecin italien et un responsable de terrain français figurent parmi les gens disparus.

Au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international du Canada, on a simplement indiqué hier que «la mission canadienne au Soudan collabore étroitement avec les autorités pour réunir des informations supplémentaires et est prête à donner de l'aide consulaire».

L'enlèvement est survenu à Saraf Omra, dans la province du Nord-Darfour, où MSF gère une clinique et un dispensaire desservant plusieurs dizaines de milliers de personnes, a précisé Susan Sandars, porte-parole de MSF à Nairobi. Les autorités soudanaises et la force de maintien de la paix ONU-Union africaine au Darfour ont affirmé hier que l'enlèvement des travailleurs humanitaires avait été commis par des hommes armés dont l'identité était inconnue.

Les ravisseurs «veulent une rançon en échange de la libération» des otages, a indiqué le gouverneur du Nord-Darfour, Osmane Mohammed Yousif Kibir, au Centre soudanais des médias, proche des services de renseignement. Il a souligné que le gouvernement était en train de négocier avec les ravisseurs. Selon lui, les tractations «progressent bien et pourraient aboutir bientôt».

«Il s'agit de la première fois, à ma connaissance, que des humanitaires internationaux sont enlevés au Darfour», a expliqué à l'Agence France-Presse Kamal Saïki, porte-parole de la force de maintien de la paix ONU-Union africaine au Darfour.

MSF a d'ailleurs annoncé son intention de rappeler la plus grande partie de son personnel du Darfour à la suite du triple rapt. «Toutes les sections de MSF ont décidé de retirer la majorité de leurs employés internationaux de leurs projets au Darfour. Seule une équipe réduite de personnes tentant d'obtenir la libération des employés restera présente», a précisé l'organisation.

La semaine dernière, le gouvernement du Soudan a décidé d'expulser 13 organisations humanitaires présentes au Darfour, en représailles au mandat d'arrêt international émis par le Tribunal pénal international contre le président soudanais Omar el-Béchir.

***

Avec La Presse canadienne et l'Agence France-Presse
2 commentaires
  • Guy Fafard - Inscrit 13 mars 2009 12 h 22

    Allez aider des assassins et des esclavagistes

    C'est ce que ça rapporte.

    L'humain n'a pas d'importance pour des bandits.

  • Guillot Sophie - Inscrite 14 mars 2009 03 h 26

    Sauf que Monsieur Fafard...

    Les ONG tentent d'aider non pas les assassins et les esclavagistes, ni les tortionnaires, non, ils tentent d'aider le peuple à survivre, ce qui n'est pas tout à fait pareil.
    Voyez vous, les Irakiens souffraient sous Saddam, ils souffrent encore aujourd'hui. Cela ne veut pas dire que TOUS les Irakiens sont assimilables à des Saddam. On peut dire la même chose pour bien des peuples.