Khartoum expulse des ONG

Khartoum — Entre deux et trois cents humanitaires étrangers sont expulsables du Soudan après l'ordre donné par le gouvernement à dix grandes ONG opérant au Darfour de quitter le pays. Le président soudanais Omar al-Béchir a confirmé hier cette décision, déjà signifiée la veille aux ONG, juste après l'annonce qu'un mandat d'arrêt avait été lancé par la Cour pénale internationale (CPI) à son encontre.

La conséquence de cette fuite en avant du régime de Khartoum est aussi immédiate que tragique: au Darfour, deux millions de déplacés vont retrouver du jour au lendemain sans aide. À Kalma, un immense camp qui regroupe à lui seul 90 000 déplacés, les ONG expulsées prenaient en charge l'intégralité de l'aide.

Sur près de 80 ONG internationales opérant au Darfour, région de l'ouest en proie à la guerre civile depuis 2003, les dix groupes visés sont considérés comme les plus actifs dans l'aide alimentaire, de santé ou d'éducation.

Il s'agit des ONG britanniques Oxfam (45 étrangers) et Save the Children, françaises Solidarités (45), Action contre la Faim (55), MSF (50), américaines CARE (30), Mercy Corps, IRC et CHF, et norvégienne NRC (15). D'autres ONG pourraient être expulsées, a averti le chef de la HAC, Hassabo Mohammed Abdou Rahmane, accusant la dizaine d'organisations déjà sommées de quitter le pays d'avoir collaboré avec la CPI.

Quelque 16 500 humanitaires travaillent au Darfour, dont 95 % de Soudanais embauchés localement. Plusieurs milliers de Soudanais employés par les ONG bannies pourraient perdre leur travail.