République démocratique du Congo - MSF s'inquiète des atrocités commises par les fanatiques de la LRA

Devant la montée des violences perpétrées par l'Armée de libération du seigneur (LRA) dans le nord de la République démocratique du Congo (RDC), Médecins sans frontières sonne à nouveau l'alarme. Il y a quelques semaines, dans le district du Haut-Uélé, l'organisation humanitaire s'était déjà inquiétée d'une série de massacres qui avait fait 900 morts à Noël. Depuis le début du mois de février jusqu'à ce jour, 17 massacres ont eu lieu dans cette région, soit environ un tous les deux jours.

«Ni les gouvernements impliqués ni la MONUC [Mission de paix des Nations unies au Congo] ne semblent avoir prévu qu'il y ait des représailles envers la population civile. Or, une opération militaire conjointe a été menée récemment et on devait s'attendre à ce qu'il y ait des représailles», soutient Avril Benoît, directrice des communications pour MSF Canada.

Mme Benoît rentre tout juste d'un séjour de trois semaines dans cette région du nord du Congo-Kinshasa. «[La LRA] est incroyablement cruelle. On enlève des enfants de 12 ans. Les petites filles deviennent les femmes des commandants et sont violées toute la nuit. C'est difficile aussi pour les garçons qui reçoivent un entraînement militaire, forcés de travailler sans manger ni dormir suffisamment», relate-t-elle.

Née il y a plus de 20 ans en Ouganda à l'initiative du chef rebelle Joseph Kony, la LRA est connue pour ses atrocités sur les civils et son régime basé sur les dix commandements de la Bible. Fortement réprimé, ce groupe de rebelles — classé organisation terroriste par les États-Unis — a dû fuir outre les frontières de l'Ouganda et sévit maintenant au sud du Soudan et au nord du Congo.

L'ONU interpellée

MSF déplore que l'ONU n'ait pas déployé plus d'effectifs que les 300 militaires déjà en poste dans la région, dont une grande partie sont des ingénieurs. «Les attaques ont commencé en septembre à Haut-Uélé et dès lors, malgré la crise qui se profilait, ils n'ont pas changé leur approche, ni augmenté le nombre d'effectifs», dénonce Mme Benoît.

Pourtant, le 22 décembre dernier, le Conseil de sécurité a élargi le mandat de la MONUC — la plus importante mission de paix avec 17 000 soldats déployés — en la chargeant de s'attaquer en priorité à la protection des civils, rappelle-t-elle. L'ONU a depuis annoncé l'envoi de quelque 1300 soldats égyptiens en RDC.

Se sentant abandonnés par les forces armées de la RDC, des groupes de fermiers se sont fabriqués des armes et ont constitué leurs propres groupes d'autodéfense. «Les gens nous répètent constamment qu'ils manquent de sécurité. Nous, on veut relayer leur message. C'est clair que ça ne peut pas continuer comme ça», a conclu Mme Benoît.

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