Les Nigériens dénoncent la boulimie des députés

Niamey — Des milliers de personnes ont manifesté pacifiquement hier à Niamey pour exiger le remboursement intégral d'indemnités «indûment» perçues selon eux, depuis de nombreuses années, par les députés.

Militants, étudiants, syndicalistes et chômeurs ont sillonné la capitale en scandant des slogans hostiles aux députés avant de tenir un meeting devant le parlement, à l'appel des trois principales ONG des droits de l'homme.

Les contestataires ont dénoncé «la boulimie» des élus et réclamé que chaque député restitue les sommes «illégalement» perçues.

Selon eux, les 113 parlementaires perçoivent depuis au moins neuf ans des indemnités «faramineuses» sur la base de «simples délibérations», alors que la constitution stipule que leurs indemnités doivent être fixées par la loi.

En janvier, le président Mamadou Tandja avait refusé de promulguer la loi de Finances 2009 où l'Assemblée a inscrit son budget estimé à plus de 18 millions de dollars.

M. Tandja avait saisi la Cour constitutionnelle qui avait également donné tort aux parlementaires.

«Nous nous opposerons à toute dilapidation des deniers publics au moment où le pays va très mal», a-t-il lancé.

Toutefois à la mi-janvier, après avoir enlevé en seconde lecture les sommes correspondant aux avantages dans le collimateur, les députés ont voté une nouvelle loi pour se les réattribuer.

Mais le gouvernement a «émis un avis défavorable» sur cette nouvelle loi toujours non conforme, selon lui, à l'avis de la cour constitutionnelle.

«Les députés n'ont fait que légaliser leur crime, nous considérons cela comme de l'escroquerie parlementaire», a déclaré Abdou Maïgandi, secrétaire général de l'Union des syndicats des travailleurs du Niger (USTN), autre organisateur de la manifestation.

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