Abbas critique violemment le Hamas

Manifestation de partisans du président Mahmoud Abbas, le 25 janvier. M. Abbas a accusé hier le Hamas d’avoir «risqué la vie du peuple» palestinien.
Photo: Agence France-Presse (photo) Manifestation de partisans du président Mahmoud Abbas, le 25 janvier. M. Abbas a accusé hier le Hamas d’avoir «risqué la vie du peuple» palestinien.

Le Caire — Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s'en est violemment pris au Hamas hier au Caire, posant une condition à un dialogue de réconciliation avec le mouvement islamiste qui l'a délogé de la bande de Gaza en juin 2007, à savoir la reconnaissance de l'OLP.

Les critiques de M. Abbas interviennent alors que de nouvelles discussions sur une trêve à Gaza et une réconciliation palestinienne sont prévues avec l'Égypte qui tente de favoriser un cessez-le-feu «permanent» dans le territoire palestinien.

Le président palestinien doit s'entretenir avec le chef de l'État égyptien Hosni Moubarak aujourd'hui, tandis qu'une délégation du Hamas doit reprendre demain les pourparlers avec le chef des renseignements égyptiens, Omar Souleimane, selon le numéro deux du bureau politique du Hamas, Moussa Abou Marzouk.

Mais lors d'un discours dans un hôpital au Caire, M. Abbas a accusé le Hamas, sans le nommer, d'avoir joué avec la vie et l'avenir des Palestiniens et d'avoir servi des intérêts étrangers.

«Ces gens ont risqué la vie du peuple, [...] le sang du peuple, la destinée du peuple, le rêve et l'espoir du peuple d'établir un État palestinien indépendant», a martelé M. Abbas qui, bien qu'il ne contrôle plus que la Cisjordanie, demeure le principal interlocuteur de la communauté internationale.

«Et pourquoi? En toute franchise, à cause d'agendas qui ne sont pas palestiniens», a-t-il poursuivi. M. Abbas a posé une condition à un dialogue avec le Hamas, affirmant qu'une telle réunion, que l'Égypte tente d'organiser pendant la troisième semaine de février, ne serait possible que si les islamistes reconnaissaient l'OLP.

Il n'y aura «pas de dialogue avec quiconque rejette l'Organisation de libération de la Palestine», a-t-il lancé. «Ils doivent reconnaître [...] que l'Organisation est le seul représentant légitime du peuple palestinien et après cela, [il pourra y avoir] dialogue».

M. Abbas réagissait à des propos du chef du bureau politique du Hamas vivant en exil à Damas, Khaled Mechaal, qui avait fait part de son intention de mettre en place avec d'autres factions radicales une nouvelle structure représentant les Palestiniens à la place de l'OLP.

Cette centrale dirigée par le président Abbas, également chef du Fatah, le rival du Hamas, regroupe les principaux mouvements nationalistes palestiniens et chapeaute l'Autorité palestinienne, mais le Hamas n'en fait pas partie.

«Le Hamas doit revenir sur cette déclaration faite par Khaled Mechaal», a plus tard insisté M. Abbas dans un entretien accordé à la télévision publique égyptienne. «Cela signifie qu'il ne veut pas que ce dialogue réussisse», a réagi le représentant du Hamas à Beyrouth, Oussama Hamdane, sur la chaîne Al-Jazira.

M. Abbas a affirmé que l'ouverture permanente du terminal de Rafah devait intervenir après une réconciliation entre Palestiniens et aux termes de l'accord de 2005, selon lequel des représentants de l'Autorité et des observateurs européens doivent être présents à ce point de passage entre l'Égypte et la bande de Gaza. Le Hamas, lui, veut un accord de trêve, la levée du blocus israélien imposé à Gaza et la réouverture des points de passage avant d'entamer un processus de réconciliation.