Les dirigeants de l'Afrique australe fixent un calendrier pour la création d'un gouvernement - Zimbabwe : les pourparlers progressent, mais l'opposition se dit insatisfaite

Pendant que les politiciens discutent, la crise économique et financière est loin de se résorber au Zimbabwe. Une grève des enseignants, qui veulent être payé en monnaie étrangère, a perturbé la rentrée scolaire hier.
Photo: Agence Reuters Pendant que les politiciens discutent, la crise économique et financière est loin de se résorber au Zimbabwe. Une grève des enseignants, qui veulent être payé en monnaie étrangère, a perturbé la rentrée scolaire hier.

Pretoria — Les dirigeants d'Afrique australe réunis en sommet en Pretoria ont annoncé hier des avancées décisives dans la résolution de la crise politique au Zimbabwe, mais l'opposition s'est dite insatisfaite des résultats de la réunion.

Les 15 membres de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) ont conclu à l'issue de leur sommet que le chef de l'opposition zimbabwéenne Morgan Tsvangirai serait investi comme Premier ministre d'ici le 11 février, selon un communiqué diffusé à l'issue du sommet.

La SADC s'est en outre arrêtée sur une gestion partagée pour six mois du portefeuille clé de l'Intérieur entre la Zanu-PF du président Robert Mugabe et le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de Tsvangirai.

L'attribution de ce ministère était un obstacle important à la mise en oeuvre de l'accord de partage du pouvoir signé le 15 septembre dernier entre la Zanu-PF et le MDC.

«Toutes les parties ont dit leur confiance dans le processus actuel et se sont engagées à appliquer cet accord», a dit le président sud-africain Kgalema Motlanthe, qui préside la SADC, lors d'une conférence de presse.

«Les ministres et les vice-ministres prêteront serment le 13 février 2009, ce qui mettra un terme au processus de formation d'un gouvernement élargi», précise le communiqué de la SADC. L'attribution des portefeuilles sera revue six mois après.

Le gouvernement zimbabwéen a déclaré hier que les discussions étaient terminées et que Mugabe allait former un nouveau gouvernement. «Il n'y aura pas d'autres négociations. Le processus est terminé et le président formera un nouveau cabinet», a dit le vice-ministre zimbabwéen de l'Information Bright Matonga à la BBC.

L'opposition (MDC) a cependant prévenu dès la fin du sommet que ces conclusions ne le satisfaisaient pas, laissant augurer de nouvelles semaines de blocages alors que la crise économique s'aggrave de jour en jour.

Le MDC a annoncé que son conseil national se réunirait ce week-end pour annoncer sa position officielle sur les conclusions du sommet de Pretoria.

La Zanu-PF et le MDC ont signé en septembre un accord de partage du pouvoir qui prévoit le maintien de Robert Mugabe à la présidence et la création d'un poste de premier ministre confié à Morgan Tsvangirai. Mais les deux camps ne sont jusqu'ici pas parvenus à s'entendre sur l'attribution des portefeuilles clés de l'Intérieur, des Finances et de l'Information notamment.

L'impasse politique actuelle au Zimbabwe se double d'une crise économique et humanitaire désastreuse: l'inflation est la plus élevée au monde, les vivres et les ressources énergétiques font cruellement défaut et une épidémie de choléra a fait 3000 morts depuis août.

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