République démocratique du Congo - Les armées rwandaise et congolaise poursuivent leur offensive

Des soldats congolais dans la région de Goma
Photo: Agence Reuters Des soldats congolais dans la région de Goma

L'offensive conjointe des armées rwandaise et congolaise se poursuivait hiei pour la troisième journée en République démocratique du Congo (RDC) contre les rebelles hutus rwandais, enlevant au passage des positions tenues par la rébellion congolaise.

D'autre part, Kinshasa a autorisé hierl'armée ougandaise à rester sur son territoire jusqu'au 3 février dans le cadre de l'opération contre les rebelles ougandais de l'Armée de Résistance du Seigneur (LRA) dans l'est de la RDC.

Hier, les soldats rwandais ont occupé la localité stratégique de Tongo, dans l'est de la RDC. Environ 400 soldats rwandais étaient déployés sur deux collines environnant cette localité de la province du Nord-Kivu, au point de passage entre les régions du Rutshuru et du Masisi.

Selon des habitants, ils se trouvaient à 10 km des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), réfugiés en RDC et estimés à environ 6000, qu'ils étaient venus traquer.

Rutshuru, important centre administratif, était pour sa part occupéepar l'armée congolaise. Elle en avait perdu le contrôle fin octobre au profit du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda.

Jeudi soir, les soldats rwandais et congolais se sont arrêtés pour bivouaquer à 5 km de la localité de Bunangana, fief du chef tutsi congolais Nkunda.

Le CNDP de Nkunda — majoritairement tutsi et à qui le Rwanda apporte un soutien multiforme, selon un rapport d'experts de l'ONU rendu public en décembre — a toujours exigé la neutralisation des FDLR.

Les FDLR sont considérés comme une des causes de l'instabilité chronique dans la région. Dans leurs rangs figurent des personnes qui ont participé au génocide de 1994 au Rwanda contre la minorité tutsi.

Au total, au moins 3500 soldats de Kigali, où le régime est dominé par les Tutsis, se trouvent actuellement dans le Nord-Kivu, frontalier du Rwanda, selon la Mission des Nations unies en RDC (MONUC).

Par ailleurs, l'armée ougandaise a annoncé que Kinshasa l'avait autorisée à rester sur son territoire jusqu'au 3 février. «Les chefs d'état-major des deux pays se sont rencontrés, ils ont noté la bonne coopération et les succès obtenus jusqu'ici et se sont mis d'accord pour étendre le mandat de l'Ouganda de 21 jours» à compter du 14 janvier, date à laquelle le mandat initial de la mission de l'armée ougandaise avait expiré, a déclaré le porte-parole de l'armée ougandaise, le major Felix Kulayigye.

Des unités de l'armée ougandaise étaient entrées en RDC le 14 décembre 2008 pour attaquer des positions tenues par la LRA dans le parc national de Garamba (est de la RDC) dans le cadre d'une opération conjointe impliquant les forces armées ougandaise, congolaise et sud-soudanaise.

Au moins 620 personnes ont été massacrées par la LRA fin décembre dans l'est de la RDC dans des conditions particulièrement violentes, avait annoncé le 18 janvier l'organisation Human Rights Watch (HRW). La LRA a récemment demandé l'arrêt de l'offensive militaire et la reprise de négociations sous l'égide des Nations unies.

À voir en vidéo