République démocratique du Congo - Les armées congolaise et rwandaise préparent l'offensive contre les rebelles

Depuis quelques jours, les soldats congolais franchissent le point de passage près de Goma.
Photo: Agence France-Presse (photo) Depuis quelques jours, les soldats congolais franchissent le point de passage près de Goma.

Goma — Au moins 3500 soldats rwandais avançaient en deux colonnes hier dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) au deuxième jour d'une opération sans précédent menée conjointement avec l'armée congolaise pour traquer les rebelles hutus rwandais.

L'arrivée de troupes rwandaises a suscité inquiétude et réprobation parmi les Congolais, éprouvés par les précédentes interventions de Kigali (1996-97 et 1998-2002) en appui à des rébellions congolaises hostiles aux régimes en place à l'époque à Kinshasa.

L'imposant contingent rwandais, qui a commencé à entrer mardi en RDC, est scindé en deux colonnes principales, selon la MONUC. L'une de 1500 soldats fait route plein ouest vers le territoire de Masisi et l'autre se dirige vers le territoire de Rutshuru, au nord de Goma.

Ces territoires abritent des fiefs des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), dont certains ont participé au génocide de 1994 dans leur pays. Estimés à environ 6000, les FDLR, considérés comme une des causes de l'instabilité régionale chronique, sont visés par l'opération lancée mardi sur la base d'un plan militaire conclu le 5 décembre par Kigali et Kinshasa.

Le porte-parole militaire de Kigali, le major Jill Rutaremara, a assuré que l'opération se déroulait «sous le haut commandement» de l'armée congolaise, à laquelle les troupes rwandaises, dont il n'a pas précisé le nombre, entendent uniquement prêter main forte.

Pour la deuxième journée consécutive, de nombreux camions transportant des militaires congolais ont franchi hier la barrière de Munigi, à 6 km au nord Goma, en direction de Rutshuru, à une centaine de kilomètres plus au nord.

Les Forces armées de la RDC (FARDC) ont ainsi affirmé avoir repris Rumangabo et Kiwanja, au nord de Goma. Ces localités stratégiques étaient occupées depuis fin octobre par la rébellion congolaise de Laurent Nkunda.

Les FARDC, qui contrôlent la barrière de Munigi, interdisaient l'accès à cette zone au nord de Goma aux véhicules de la MONUC et de la presse, et n'ont laissé passer hier que des ONG. Aucun affrontement n'a été signalé mercredi dans le Nord-Kivu.

«Nous n'avons pas encore été attaqués. Mais ça peut changer à tout moment. Ces milliers de soldats de l'armée rwandaise ne sont pas venus en promenade; ils sont venus faire la guerre», a déclaré le président des FDLR, Ignace Murwanashyaka.

Oxfam a par ailleurs exprimé «ses craintes pour les civils devant les nouveaux développements du conflit», alors que nouveaux combats menacent d'éclater.

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