RDC : l'ONU élargit le mandat de la MONUC

Un soldat rebelle s’est rendu samedi dans un centre de distribution près du camp Lushubere à Masisi.
Photo: Agence Reuters Un soldat rebelle s’est rendu samedi dans un centre de distribution près du camp Lushubere à Masisi.

New York — Le Conseil de sécurité a élargi hier le mandat de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (MONUC), en la chargeant de s'attacher en priorité à la protection des civils dans les Kivus.

Dans sa résolution 1856 adoptée à l'unanimité, le Conseil a prorogé jusqu'au

31 décembre 2009 le mandat de la MONUC et autorisé «le maintien jusqu'à cette date d'effectifs pouvant atteindre 19 815 militaires, 760 observateurs militaires, 391 personnels de police et 1050 membres d'unités de maintien de l'ordre».

La résolution demande à la MONUC «d'accorder la priorité absolue à la réponse à apporter à la crise des Kivus». Elle précise et détaille le mandat en l'articulant autour de quatre axes, par ordre de priorité décroissant: «la protection des civils et du personnel humanitaire [...], le désarmement et démobilisation des groupes armés étrangers et congolais, la formation des FARDC à l'appui de la réforme du secteur de sécurité» et «la sécurité du territoire de la RDC».

Dissuasion

Pour ce faire, la MONUC est chargée notamment de «dissuader toute tentative de recours à la force qui menacerait les processus de Goma et de Nairobi de la part de tout groupe armé, étranger ou congolais».

La MONUC doit également, en coordination avec les FARDC (forces armées de la RDC), désarmer tous ces groupes armés pour assurer leur participation au processus de démobilisation et de réinsertion .

La résolution réitère que la MONUC est «autorisée à utiliser tous les moyens nécessaires» pour s'acquitter de ses missions.

Le Conseil demande aux gouvernements de la RDC, du Rwanda et des autres pays de la région de coopérer avec l'envoyé spécial de l'ONU, l'ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, pour résoudre la crise dans l'est de la RDC.

Les combats ont repris fin août au Nord-Kivu entre le CNDP (Congrès national pour la défense du peuple de Laurent Nkunda) et l'armée congolaise. Fin octobre, le CNDP a infligé de cinglants revers aux FARDC et failli s'emparer de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, avant de déclarer unilatéralement un cessez-le-feu. Ces combats ont jeté plus de 250 000 réfugiés sur les routes.

Les pays voisins

La MONUC a été critiquée pour n'avoir pu faire cesser les combats et protéger les civils dans le Nord-Kivu, où quelque 6200 de ses Casques bleus sont actuellement déployés.

La résolution souligne aussi la responsabilité des États de la région, qui doivent coopérer avec le gouvernement congolais «afin d'oeuvrer au retour d'une paix et d'une sécurité durables sur le territoire congolais», a-t-il dit.

Lors de rencontres en 2007 notamment à Nairobi, la RDC s'était engagée à traquer les rebelles hutus rwandais présents sur son sol, dont certains ont participé au génocide de 1994 au Rwanda essentiellement dirigé contre la minorité tutsie. De son côté, le Rwanda s'était engagé à s'abstenir de tout soutien à un groupe armé en RDC, en particulier celui de Nkunda, qui se pose en défenseur de sa communauté.

Le Conseil de sécurité a adopté ensuite une résolution distincte, la 1857, reconduisant jusqu'au 30 novembre 2009 l'embargo sur les armes à destination de la RDC, ainsi que les sanctions individuelles (gel des avoirs et interdiction de voyager à l'étranger) prises contre des personnes accusées d'entraver le processus de paix.

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