Afrique du Sud - L'opposition demande la dissolution du Parlement

Le Cap — Le principal parti d'opposition en Afrique du Sud a déposé hier, pour la première fois depuis l'avènement de la démocratie multiraciale en 1994, une motion demandant des élections anticipées, accusant le gouvernement du président Thabo Mbeki d'avoir perdu la confiance du pays.

Sandra Botha, chef du groupe parlementaire de l'Alliance démocratique (DA), a déposé une motion réclamant la dissolution de la chambre basse du Parlement et l'organisation de nouvelles élections, alors que le mandat actuel de l'assemblée court jusqu'à mi-2009.

«Il y a un profond désir chez les Sud-Africains d'être débarrassé de la corruption, de la criminalité, des infrastructures défaillantes qui envahissent notre vie quotidienne», a-t-elle déclaré.

«Nous sommes désormais convaincus que le seul moyen d'atteindre ces buts est d'avoir une nouvelle personne et un nouveau gouvernement aux commandes, et nous avons besoin qu'une telle personne et qu'un tel gouvernement soient choisis par les Sud-Africains», a-t-elle ajouté.

La motion, qui n'est pas encore inscrite à l'ordre du jour, n'a quasiment aucune chance d'être adoptée, le Congrès national africain (ANC) au pouvoir disposant de près des trois quarts des 400 sièges de l'Assemblée.

Cependant, elle a reçu le soutien du petit parti des Démocrates indépendants (ID). «À cause de l'incompétence du gouvernement et de son incapacité à empêcher la crise actuelle, la chambre ne fait plus confiance au président. Il devrait démissionner avec son gouvernement», a lancé son leader, Patricia de Lille.

Le président Mbeki, qui doit quitter le pouvoir en 2009 après dix ans à la tête de l'État, a subi un sérieux revers en décembre, quand l'ANC a refusé de le reconduire à la tête du parti au profit de son rival, Jacob Zuma.

Sa défaite a compromis son autorité politique, mais sa popularité souffre également d'un ralentissement de la croissance économique et de la crise énergétique.

Mbeki, qui a écouté avec attention les critiques de l'opposition, devrait répondre demain.