Première réunion des rebelles du Darfour

Dirigeants des groupes rebelles du Darfour à Arusha, en Tanzanie, hier.
Photo: Agence Reuters Dirigeants des groupes rebelles du Darfour à Arusha, en Tanzanie, hier.

Arusha — Les groupes rebelles du Darfour ont tenu leur première réunion en commun, au troisième jour de la rencontre d'Arusha, pour tenter d'unifier leurs positions avant de négocier avec le gouvernement soudanais.

Les diplomates de l'ONU et de l'Union africaine (UA) qui parrainent cette réunion espèrent voir les factions, unifiées, convenir d'une date et d'un lieu pour de futurs pourparlers de paix avec Khartoum.

«Les mouvements rebelles se rencontrent et parlent entre eux désormais, et nous espérons que quelque chose en sortira. Nous sommes très encouragés par ce genre de rencontres», a déclaré le porte-parole de l'UA Noureddine Mezni.

En marge de la réunion, l'émissaire de l'ONU au Darfour, Jan Eliasson, et son homologue de l'UA, Salim Ahmed Salim, se sont entretenus avec des représentants du Tchad, d'Érythrée, d'Égypte et de Libye afin de les convaincre d'user de leur influence sur les factions soutenues par leurs pays respectifs.

Toutefois, en l'absence de plusieurs figures importantes de ces factions, les chances de succès se sont amincies.

Le Soudan a en outre accusé la France de ne pas avoir suffisamment encouragé le chef de l'Armée de libération du Soudan (SLA), Abdel Wahed Mohamed el Nour. Nour ne dispose que de peu de combattants, mais en tant que représentant de l'ethnie Four, majoritaire au Darfour, il jouit d'un large soutien dans la population, notamment parmi les 2,5 millions de réfugiés.

Selon les analystes, un accord de paix ne saurait se passer de sa bénédiction. Il avait subordonné sa venue à Arusha à la mise en place d'un programme «pétrole contre nourriture» et à l'interdiction de survol du Darfour.

À Khartoum, l'ambassadeur de France a été convoqué samedi afin d'expliquer pourquoi Paris n'avait pas davantage encouragé Nour à participer à la rencontre.

«Le gouvernement a été choqué par l'échec de la France à faire venir le seul chef rebelle présent sur son territoire à une réunion destinée à mettre un terme aux souffrances des habitants du Darfour», peut-on lire dans un communiqué du ministère soudanais des Affaires étrangères que Reuters a pu consulter.

Paris et Khartoum sont en contact à ce sujet, selon le porte-parole du Quai d'Orsay, qui n'a pas souhaité hier faire davantage de commentaires.

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