Ballet diplomatique à Khartoum

Des réfugiés soudanais attendent dans le camp El-Fasher que les politiciens s’entendent pour leur porter secours.
Photo: Agence Reuters Des réfugiés soudanais attendent dans le camp El-Fasher que les politiciens s’entendent pour leur porter secours.

Alors que le Sénégal menace de retirer ses troupes du Darfour, des personnalités étrangères de premier plan défilent à Khartoum pour convaincre le Soudan d'accepter des forces de l'ONU au Darfour et tenter d'apaiser la crise entre ce pays et le Tchad après un accrochage meurtrier entre leurs armées.

Le secrétaire d'État adjoint américain, John Negroponte, arrivé hier soir dans la capitale soudanaise, est la dernière de ces personnalités. Il doit presser les responsables soudanais d'accepter une force hybride de l'ONU et de l'Union africaine (UA) dans cette région de l'ouest du pays en guerre civile et qui alimente les tensions entre le Soudan et le Tchad.

«La situation tragique de la crise humanitaire au Darfour est une chose qui préoccupe tous les Américains et c'est une question à laquelle l'administration consacre un temps et des ressources considérables», avait-il déclaré avant sa tournée africaine commencée à Khartoum.

M. Negroponte visitera demain le Darfour et aura des entretiens dimanche avec les responsables à Khartoum.

Il se rendra ensuite au Tchad, en Libye et en Mauritanie.

Sa visite survient au lendemain d'une décision des États-Unis de repousser des sanctions unilatérales contre le Soudan pour donner le temps au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, d'envoyer des Casques bleus au Darfour.

M. Ban avait demandé un délai supplémentaire de deux à quatre semaines pour faire pression sur le gouvernement de Khartoum afin qu'il lève son opposition à l'envoi de quelque 20 000 soldats dans la région.

Le Soudan, l'ONU et l'UA viennent de se mettre d'accord à Addis-Abeba sur la deuxième phase de soutien de l'ONU à la force africaine de 7000 hommes au Darfour, mais Khartoum refuse que les renforts, quelque 3000 hommes selon la presse soudanaise, soient équipés d'hélicoptères d'assaut.

La force africaine a du mal à sécuriser le Darfour. Ainsi, le Sénégal a rendu hommage hier à cinq de ses soldats tués au Darfour en indiquant qu'il pourrait se retirer de la mission de maintien de la paix de l'Union africaine dans cette région si elle ne disposait pas d'un équipement lui permettant d'assurer sa propre défense.

La mise en garde du gouvernement sénégalais fait suite à un avertissement analogue d'un autre pays contribuant à la force de l'UA, le Rwanda, dont le président, Paul Kagamé, a réclamé des moyens supplémentaires pour la mission africaine.

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