Scrutin-test au Sénégal

Des Sénégalais se sont présentés très tôt hier dans les bureaux de vote de Dakar.
Photo: Agence Reuters Des Sénégalais se sont présentés très tôt hier dans les bureaux de vote de Dakar.

Dakar — Les Sénégalais se sont massivement rendus aux urnes hier pour élire leur président parmi 15 candidats, dont le sortant Abdoulaye Wade qui espère l'emporter dès le premier tour d'un scrutin-test dans un pays considéré comme une «vitrine» de la démocratie en Afrique.

Hier soir, de premiers résultats partiels de l'élection présidentielle donnaient l'avantage au président sortant Abdoulaye Wade, rapportait l'agence de presse sénégalaise. Mais les résultats officiels ne sont attendus qu'aujourd'hui et il n'est pas possible, en se fondant sur des résultats partiels provenant de bureaux de vote de Dakar et de plusieurs autres villes — Thies, Matam, Fatick et Podor — de prédire si Wade a des chances d'être élu dès le premier tour en obtenant plus de 50 % des suffrages.

Les opérations de vote ont très souvent débuté bien après 8h en raison de l'acheminement tardif d'une partie du matériel électoral, notamment à Touba , la «capitale» des mourides, une confrérie musulmane très influente au Sénégal. Et les autorités ont décidé d'une prolongation du vote, si nécessaire, jusqu'à 22h dans les 11 000 bureaux de vote de ce pays d'Afrique de l'ouest de onze millions d'habitants.

De Saint-Louis (nord) à Ziguinchor (sud), en passant par Dakar, une forte affluence a été constatée et aucun incident grave n'a été signalé. Plus de 1500 observateurs nationaux et 500 internationaux ont été accrédités. Les premiers résultats partiels étaient attendus dans la nuit d'hier à aujourd'hui.

Près de cinq millions d'électeurs étaient appelés aux urnes, sept ans après une alternance politique historique qui a porté au pouvoir le libéral Abdoulaye Wade après quatre décennies de pouvoir socialiste.

Grande mobilisation

Un second tour sera organisé le 18 mars si aucun candidat n'obtient la majorité absolue des suffrages. Mais, après avoir voté, le chef de l'État sortant a réaffirmé à la mi-journée qu'il serait élu dès le premier tour, malgré la concurrence de 14 adversaires, un record, et le probable éparpillement des voix. «Il n'y aura pas de deuxième tour, je gagnerai», a-t-il lancé à la presse. «Il y a une très grande mobilisation devant les bureaux de vote. C'est calme partout, jusqu'à présent pas un seul incident», a-t-il ajouté.

Ces derniers jours, plusieurs dirigeants de l'opposition ont affirmé que M. Wade, élu au second tour en 2000, ne pouvait pas gagner dès le premier tour en raison du nombre record de candidats, sauf à recourir à la fraude, ce qui provoquerait des violences.

Le président-candidat avait répondu vendredi qu'il ferait «respecter l'ordre» pendant et après l'élection. Si des opposants «sèment le désordre», ils seront «traduits en justice», avait-il prévenu.

«Je me réjouis du fait que jusque-là, il y a eu un climat apaisé», a déclaré Ousmane Tanor Dieng, 60 ans, candidat du Parti socialiste qui a dirigé le Sénégal de l'indépendance de la France en 1960 jusqu'en 2000. Il est un des plus sérieux adversaires du chef de l'État sortant.

M. Wade devra aussi compter avec l'ancien premier ministre Idrissa Seck, 47 ans, un temps présenté comme son «dauphin» avant de tomber en disgrâce et de passer à l'opposition.

«Ce n'est pas à 100 % parfait», a reconnu en fin d'après-midi à l'AFP le porte-parole de la commission électorale Issa Sall, en notant les retards dans de nombreux bureaux de vote et, surtout, les problèmes dans la distribution des cartes d'électeurs.

«Mais je ne pense pas que cela puisse remettre en cause le scrutin. Le vote s'est bien déroulé dans l'ensemble malgré quelques retards. Et, généralement, on a rapidement rectifié», a-t-il conclu.

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Avec Reuters

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