Sénégal : Wade est confiant à l'approche de l'élection

Dakar — Le président sénégalais Abdoulaye Wade, que ses rivaux comparent à un lièvre pour son habilité politique, espère bien emporter dès le premier tour l'élection présidentielle de dimanche, où il affrontera 14 candidats, dont d'anciens alliés.

Ses adversaires ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils résisteraient à toute tentative qui viserait à atteindre frauduleusement cet objectif.

La tonalité enflammée de la campagne et les accrochages entre partisans de candidats rivaux ont fait craindre que des violences plus graves n'éclatent autour des élections. Jusqu'ici, le Sénégal, pays musulman à 94 % et comptant une population de 11,9 millions d'habitants, apparaissait comme une démocratie relativement calme dans une Afrique de l'Ouest exposée aux turbulences politiques.

Trois personnes au moins ont été blessées mercredi soir dans la banlieue de Dakar lorsque des fidèles d'un marabout favorable à Wade ont attaqué à coups de pierres et de bâtons un cortège de partisans de l'ancien premier ministre Idrissa Seck, limogé par le président en 2004.

L'image plutôt positive dont jouissait jusqu'ici le Sénégal sur le plan international a en outre été ternie par l'arrivée aux portes de l'Europe de milliers de jeunes émigrants sénégalais qui risquent la mort à la recherche d'une vie meilleure.

Le président octogénaire dirige le pays depuis 2000, année où il a mis fin à la mainmise sur le pouvoir du Parti socialiste, qui était aux affaires depuis 40 ans. Leader du Parti démocratique sénégalais (PDS), il brigue dimanche un second mandat à la tête du pays.

Charismatique et caractériel, Wade est surnommé Njomboor, ce qui, en wolof, signifie «lièvre», un animal auquel le folklore africain associe la ruse comme principal trait de caractère.

Le président et son entourage sont confiants à l'approche du scrutin. «Je dis qu'il n'y aura pas de deuxième tour parce que notre majorité est visible. Nous restons plus que jamais convaincus que le premier tour est un objectif atteint», a déclaré le directeur de campagne de Wade, le premier ministre Macky Sall.

Ses opposants estiment que la vague de soutien dont Wade a bénéficié en 2000 s'est évaporée sous l'effet du mécontentement suscité par un chômage élevé, par l'inflation et par le rapatriement de nombreux migrants en vertu d'accords conclus entre l'Espagne et le gouvernement sénégalais.

Pour eux, l'arrivée sur les plages des Canaries de Sénégalais épuisés par leur dangereux périple prouve que Wade n'a pas su créer des emplois et diminuer la pauvreté tant dans les villes que dans les campagnes.

«Il est totalement impossible qu'Abdoulaye Wade puisse passer au premier tour», a déclaré le candidat du Parti socialiste Ousmane Tanor Dieng. En écho aux craintes exprimées par d'autres candidats, Dieng a indiqué que son parti serait particulièrement vigilant devant d'éventuelles tentatives de fraude. «Il n'est pas acceptable de laisser Abdoulaye Wade détourner la volonté des Sénégalais, nous serons absolument intransigeants», a-t-il dit.

Parmi les autres candidats principaux, on peut citer l'ancien premier ministre Moustapha Niasse, ancien allié de Wade, issu de l'Alliance des forces du progrès.

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