Tchad - Un chef rebelle se serait rallié au gouvernement

N'Djamena — L'un des dirigeants de l'insurrection tchadienne, dont les hommes ont attaqué N'Djamena en avril, a eu hier un entretien de réconciliation avec le chef de l'État Idriss Déby, après avoir rompu avec d'autres mouvements rebelles, a fait savoir la présidence.

Mahamat Nour Abdelkerim, chef de file du Front uni pour le changement démocratique (FUC) aujourd'hui profondément divisé, a rencontré Déby à Guereda, localité de l'est du Tchad, proche de la frontière soudanaise, théâtre de récents affrontements entre les forces gouvernementales et des rebelles d'autres mouvements insurgés.

L'entretien d'une heure et demie s'est déroulé «dans le cadre de la politique de main tendue», a déclaré un représentant du chef de l'État ayant demandé l'anonymat. «Le président Idriss Deby Itno et Mahamat Nour ont échangé sur les possibilités d'un retour au bercail du Capitaine Mahamat Nour», a-t-il précisé. «Le chef rebelle du FUC a pris ses distances [avec] le commandement unifié [des autres groupes rebelles], aujourd'hui défait, et dont la force de frappe est complètement réduite.»

Le autres mouvements rebelles — l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), le Rassemblement des forces démocratiques (RAFD) et le Socle pour le changement, l'unité nationale et la démocratie (SCUD) — n'ont pas renoncé à la lutte armée, a-t-on ajouté de sources proche de la présidence.

Repoussée par l'armée, l'offensive d'avril à N'Djamena a précédé de quelques semaines la réélection de Déby, au pouvoir depuis 1990.

Le chef de l'État accuse le Soudan d'avoir soutenu et armé le FUC, ce que Khartoum dément. Depuis le printemps, le mouvement s'est scindé en factions rivales. Les activités des autres groupes armés se sont au contraire intensifiées ces dernières semaines et plusieurs villes de l'Est sont brièvement tombées entre leurs mains. L'état-major tchadien a affirmé vendredi les avoir refoulés au Soudan, ce que l'un des mouvements a démenti.