De passage à Montréal - Mia Farrow plaide pour les habitants du Darfour

Mia Farrow
Photo: Pascal Ratthé Mia Farrow

«Il est inconcevable que ce génocide se perpétue depuis trois ans, s'indigne l'actrice américaine Mia Farrow à propos du Darfour. On a entendu des paroles fortes de la part de certains leaders et une complète indifférence de la part de d'autres. Entre-temps, rien n'a été fait.»

Depuis deux ans et demi, Mme Farrow plaide dans les universités américaines la cause des habitants de cette région du Soudan, qu'elle a visité à deux reprises au cours de cette période.

«Je sais que suis seulement une actrice, que mon impact est limité, reconnaît-elle. Mais j'ai une obligation morale. Les gens du Darfour ne peuvent pas faire passer eux-mêmes le message», explique-t-elle en entrevue.

«Tout de même, quand j'y suis allé pour la première fois en 2004, on ne pouvait convaincre personne d'écrire sur la question. Personne ne savait où se trouve le Darfour. Cette année, au moins aux États-Unis, les gens sont très conscients qu'il y a un génocide», poursuit-elle.

Mia Farrow trouve encourageant de constater qu'«il n'y a probablement pas une seule université ou un seul collège américain qui ne compte pas son comité de sauvetage du Darfour».

Mme Farrow a été invitée par le fondateur du Club des petits déjeuners, Daniel Germain, à participer aujourd'hui à une conférence sur les Promesses du millénaire, qui réunira plusieurs personnalités des arts et de la politique, dont l'ancien président américain Bill Clinton.

Quand elle entend des récits d'horreur et des appels à l'aide au cours de ses visites sur le terrain, l'actrice dit ressentir de la colère.

«Qu'est-ce que ça prendrait de plus? Un demi million de personnes ont déjà été tuées, un million et demi vivent dans des conditions déplorables dans les camps de réfugiés qui sont constamment attaqués. [...] Jusqu'à présent, les Nations unies n'ont réussi à convaincre que quatre pays d'envoyer quelques centaines de soldats pour le maintien de la paix alors qu'il en faudrait au moins 22 000.»

«J'ai parlé hier au général Roméo Dallaire qui en recommande 100 000 immédiatement, parce qu'il s'agit selon lui d'un second Rwanda. Nous n'en sommes plus au stade des sanctions ciblées.»

Mme Farrow a dit croire que le Canada devrait jouer un rôle de catalyseur dans la mobilisation internationale en faveur du Darfour. Au sujet du président américain, elle admet qu'il a eu quelques mort forts à l'endroit du gouvernement du Soudan, mais souligne qu'il m'a pas consacré un seul de ses discours à la question.

Mme Farrow agit à titre d'ambassadrice de l'UNICEF depuis les années 90. Elle a d'abord fait la promotion de la campagne d'éradication de la polio, une maladie dont elle a souffert lorsqu'elle était très jeune.

L'actrice, qui a elle même 14 enfants, dont 10 adoptés, trouve que son engagement auprès de l'agence onusienne spécialisée dans la protection de l'enfance est naturel.

«Dans ma vision du monde, nous sommes une famille humaine, tous les enfants du monde nous appartiennent à nous tous, en ce sens que nous sommes tous responsables de leur sécurité et de leur bien-être. Les enfants que j'ai adoptés sont ma grande joie et ils m'apprennent beaucoup. Cela étant dit, je ne m'endors pas le ventre vide et eux non plus. Mais il y en a beaucoup d'autres qui le font.»