Loi juive et acharnement thérapeutique

Jusqu'à quand Ariel Sharon pourrait-il être maintenu en coma artificiel? La Knesset a voté, à la mi-décembre 2005, un texte qui assouplit la loi religieuse juive (Halakha) au sujet des soins intensifs et de l'acharnement thérapeutique. Car, s'il est un thème sur lequel le judaïsme est intransigeant, c'est bien celui de la défense de la vie jusqu'à son terme naturel. Elle s'inspire de textes bibliques pour qui «chaque instant de la vie est équivalent» et doit être respecté. Rien ne doit être fait pour accélérer la mort.

Le corps rabbinique en Israël — comme en France — estime pourtant aujourd'hui que cette loi religieuse peut être atténuée afin d'éviter tout acharnement thérapeutique. La nouvelle loi civile en Israël autorise, non pas l'euthanasie — le mot n'est pas prononcé —, mais l'arrêt de soins qui prolongeraient «inutilement» la vie humaine. «La Loi juive n'exige pas de mener des batailles perdues d'avance. S'il s'avère, par l'imagerie médicale, que la destruction du cerveau d'Ariel Sharon est irréversible, alors on ne prolongera pas artificiellement sa survie», estime Jacques Kanovitch, membre du Comité national d'éthique en France.

La loi de shabbat peut toujours être enfreinte pour tenter de sauver des vies et on travaille dans les hôpitaux israéliens un jour de shabbat, mais certainement pas pour donner la mort. Il est hors de question qu'on «débranche [à] shabbat». De même toute inhumation est-elle interdite un jour de shabbat. Si le décès d'Ariel Sharon devait survenir avant shabbat, les obsèques devraient être célébrées sur-le-champ. Autrement, les médecins attendront la fin du shabbat pour exécuter, outre la volonté de la famille, ce qu'autorisent désormais la loi religieuse et la loi civile, pour une fois réunies.