Une nouvelle opération pour tenter de sauver Ariel Sharon

Le Dr Shlomo Mor-Yosef a parlé d’«amélioration significative», sans donner plus de détails.
Photo: Agence Reuters Le Dr Shlomo Mor-Yosef a parlé d’«amélioration significative», sans donner plus de détails.

Jérusalem — De nouveau opéré d'urgence à la suite d'une nouvelle hémorragie cérébrale, Ariel Sharon restait dans un état grave hier, malgré une «amélioration significative». Selon ses médecins, le premier ministre israélien devrait être maintenu dans un coma artificiel au moins jusqu'à demain.

Ariel Sharon a subi une opération de cinq heures hier à l'hôpital Hadassah de Jérusalem, où il a été admis mercredi soir pour une hémorragie cérébrale massive. Une nouvelle intervention décidée après qu'un examen cérébral eut révélé une augmentation de sa pression intracrânienne et de nouveaux saignements.

Des experts extérieurs à l'hôpital jugeaient l'état de santé du premier ministre très préoccupant et les Israéliens semblaient se faire à l'idée qu'il ne reviendrait probablement jamais au pouvoir.

Le Dr Shlomo Mor-Yosef, directeur de l'hôpital Hadassah, a affirmé que l'opération décidée en urgence hier matin, la deuxième depuis l'hospitalisation du premier ministre, avait permis de stabiliser l'état de santé de M. Sharon.

«Une partie des caillots de sang qui restaient après la première opération ont été drainés, a-t-il expliqué. À la fin de l'opération, il n'y avait plus de saignement actif et la pression intracrânienne était redevenue normale.» Le Dr Mor-Yosef a souligné qu'une comparaison des scanners cérébraux réalisés avant et après l'intervention montrait une «amélioration significative», sans donner plus de détails. Ron Krumer, un autre porte-parole de l'hôpital, a précisé qu'Ariel Sharon resterait plongé dans un coma artificiel au moins jusqu'à demain midi. Ces précisions ont été fournies avant le début du shabbat, et les responsables de l'hôpital ne devaient plus diffuser de communiqués réguliers jusqu'à la fin de cette journée de repos hebdomadaire, qui s'achèvera aujourd'hui au coucher du soleil.

Figure incontournable de la politique israélienne, l'ancien premier ministre travailliste Shimon Peres s'est dit «très inquiet» de l'état de santé de son allié politique. Il s'exprimait alors que le premier ministre israélien se trouvait toujours sur la table d'opération.

«Nous saurons poursuivre la politique d'Israël [...], la politique d'Ariel Sharon», a assuré Shimon Peres, qui a rencontré le premier ministre par intérim Éhoud Olmert, possible successeur de Sharon à la tête de son parti Kadima.

Ariel Sharon avait déjà subi une opération de sept heures jeudi matin. La plupart des experts jugent ses chances de rétablissement minces et ses collaborateurs ne s'attendent pas à le voir revenir travailler.

«On est un tout petit peu plus optimistes car certains problèmes ont été réglés, mais il a eu une nouvelle hémorragie et cela ne change pas le pronostic, qui est toujours mauvais», a expliqué le Dr Anthony Rudd, spécialiste des attaques cérébrales de l'hôpital St Thomas à Londres.

Les fils d'Ariel Sharon, Omri et Gilad, se sont installés dans une pièce à côté de la chambre de leur père dans l'unité de soins intensifs neurologiques de l'hôpital.

Les partisans du premier ministre priaient pour son rétablissement.

Les dirigeants du nouveau parti centriste fondé par Ariel Sharon, Kadima, qui était le grand favori des élections législatives de mars, ont affiché leur volonté de serrer les rangs autour du vice-premier ministre Éhoud Olmert, qui assure l'intérim à la tête du pays.

Selon un nouveau sondage publié hier, le parti remporterait toujours le scrutin, même en l'absence de son chef charismatique.