Les misères de la guerre feraient 38 000 morts par mois au Congo

Une nouvelle étude vient jeter de la lumière sur les catastrophiques conséquences humanitaires du conflit au Congo-Kinshasa où, selon The Lancet, 38 000 personnes sont tuées chaque mois par les violences, la malnutrition et des maladies qui pourraient être soignées si les services de santé ne s'étaient pas complètement effondrés.

La guerre régionale dont le Congo est le terrain a fait quelque 4 millions de morts «directes et indirectes» depuis 1998, ce qui en fait le conflit le plus meurtrier depuis la Seconde Guerre mondiale. Elle se déploie cependant dans l'invisibilité internationale, ce que ne cessent de dénoncer les instances onusiennes et les ONG. «L'ignorance au sujet de son ampleur et de son impact est pratiquement universelle et l'engagement internationale demeure gravement insuffisant par rapport aux besoins humanitaires», affirme Richard Brennan, directeur de la section de la santé à l'International Rescue Committee et auteur principal de l'étude publiée par The Lancet.

Un accord de paix a été conclu en 2002 qui doit mener ce printemps aux premières élections libres à se tenir au Congo depuis l'indépendance obtenue de la Belgique en 1960. Mais des affrontements continuent de se produire et des exactions continuent d'être commises dans l'est congolais, où la situation est empoisonnée par la présence persistante de milices soutenues par l'Ouganda et le Rwanda, engagés dans le pillage organisé de ressources naturelles comme le diamant. Le processus de paix se poursuit sous la surveillance de 17 000 Casques bleus, ce que plusieurs jugent insuffisant pour calmer les tensions dans ce pays de 58 millions d'habitants, grand comme l'Europe de l'Ouest.

L'étude montre que la majorité des morts sont attribuables, non pas à la violence, mais à la famine et à des maladies évitables comme la malaria et la diarrhée. Les enfants sont les principales victimes. Dans certaines régions, le taux de mortalité a doublé par rapport aux niveaux d'avant-guerre, alors qu'il a chuté de 80 % dans la ville de Kisangani après l'arrêt des combats en 2002. L'étude est fondée sur la visite de presque 20 000 foyers à travers le pays pendant une période de trois mois, en 2004.

Avec la BBC