La Somalie est toujours paralysée

Aden — Le chef de l'État et le président du Parlement somaliens ont convenu hier de mettre fin à un différend qui paralyse leur pays en proie à l'anarchie, mais une déclaration signée par les deux hommes n'indique pas où siégera le gouvernement.

Le président Abdullahi Yusuf et Sharif Hassan Sheikh Adan, président du Parlement, étaient en désaccord quant à l'opportunité de transférer à Mogadiscio le gouvernement actuellement basé dans une ville du nord du pays, comme le prévoit une charte nationale provisoire.

Mais la déclaration finale signée au Yémen, dont Reuters a obtenu copie, n'assigne aucun siège précis au gouvernement.

Un responsable yéménite suivant de près les pourparlers a dit que les deux dirigeants avaient volontairement omis de mentionner ce lieu pour ne pas irriter les chefs de faction.

«Ils ont convenu, en principe, que le gouvernement s'installerait d'abord à Baidoa, puis à Mogadiscio», a dit ce responsable. Baidoa est une ville neutre alors que Mogadiscio, la capitale, est considérée comme le bastion d'un mouvement qui comprend le président du Parlement, une centaine d'élus et des chefs de clan intégrés au cabinet.

La faction de Yusuf a établi provisoirement ses quartiers à Jowhar, à 90 km au nord de Mogadiscio, jugeant la capitale trop dangereuse pour que le gouvernement y siège avant qu'elle soit pacifiée.

Selon la déclaration finale, les deux dirigeants se sont entendus pour «tourner une page et mettre fin à leurs divergences de vues qui ont porté gravement atteinte au [...] fonctionnement des institutions et au moral du peuple somalien», ajoute le document signé dans la ville yéménite d'Aden.

Le gouvernement de Yusuf constitue la quatorzième tentative pour rétablir une autorité centrale en Somalie depuis le renversement du dictateur Mohamed Siad Barre par des milices en 1991, début d'une longue période d'anarchie.