La campagne de terreur s'accentue en Irak

Le chaos règnait hier à Kerbala sur les lieux d’un attentat suicide.
Photo: Agence Reuters Le chaos règnait hier à Kerbala sur les lieux d’un attentat suicide.

L'Irak a connu hier l'une des journées les plus meurtrières en près de trois ans d'insurrection. Au moins 120 personnes, dont 7 soldats américains, ont péri hier dans une vague d'attentats en Irak, poussant des responsables à dénoncer une campagne de terreur visant à déstabiliser le pays, qui attend la formation d'un nouveau gouvernement. Il s'agit de la journée la plus sanglante en Irak depuis le 14 septembre, qui avait connu plus de 140 morts dans une série d'attaques.

Dans la plus sanglante des attaques d'hier, 67 personnes ont été tuées et plus de 105 blessées dans un attentat suicide devant un centre de recrutement de la police irakienne à Ramadi, selon les hôpitaux de la ville sunnite située à 110 km à l'ouest de Bagdad.

«Un kamikaze portant une veste remplie d'explosifs s'est fait exploser d'une usine où était installé un centre de recrutement», a indiqué l'armée américaine. L'attaque a eu lieu au milieu de 1000 candidats, âgés de 20 à 35 ans.

La communauté chiite a également été visée par un kamikaze qui a détonné ses explosifs au milieu de la foule dans la ville sainte de Kerbala, à 110 km au sud de Bagdad, non loin du mausolée de l'imam Hussein. «Nous avons recensé 44 morts et 85 blessés, mais le bilan risque de s'alourdir car plusieurs blessés ont été hospitalisés dans un état grave», a indiqué la police.

Au nord de Bagdad, quatre policiers ont été tués par des tirs alors que, dans la capitale même, trois voitures piégées, dont deux conduites par des kamikazes, ont explosé, faisant trois blessés.

Cinq soldats américains ont été tués dans l'explosion d'une bombe artisanale au passage de leur patrouille, au sud de Kerbala, a annoncé l'armée américaine. Deux autres militaires américains ont succombé à une attaque similaire à Najaf, dans le sud du pays.

Ces attentats ont suscité la colère des responsables politiques chiites, qui ont dénoncé une véritable «campagne d'extermination» des leurs.

Pour le Conseil supérieur de la révolution islamique en Irak (CSRII) d'Abdel Aziz Hakim, tête de liste des chiites conservateurs donnés gagnants du scrutin du 15 décembre, ces attaques ont été rendues possibles par «les importantes pressions de la Force multinationale sur les ministères de la Défense et de l'Intérieur pour les empêcher de pourchasser les terroristes». Le CSRII faisait référence aux critiques des méthodes des forces de l'ordre irakiennes, après la découverte par l'armée américaine de centres de détention où des détenus auraient été maltraités.

«Ces crimes sont intervenus après les déclarations et les menaces publiques d'une guerre civile de la part de partis irakiens ayant échoué à atteindre leurs objectifs électoraux», a affirmé le CSRII.

Des responsables sunnites avaient contest les résultats partiels des législatives du 15 décembre remportées par les chiites conservateurs, selon des résultats partiels. La liste de l'ex-premier ministre, le chiite laïc Iyad Allaoui, a aussi contesté ces résultats.

Pour le porte-parole des contestataires, Ali Tamimi, «il importe de dénoncer avec la même force le terrorisme et les fraudes». Les résultats définitifs du scrutin doivent être publiés d'ici quatre jours.