60 morts dans des attaques en Irak

Bagdad — Un kamikaze a provoqué hier un carnage lors de funérailles chiites au nord-est de Bagdad, tuant 36 personnes et contribuant à faire d'hier l'une des journées les plus meurtrières en Irak depuis plusieurs semaines.

Cette série d'attaques, apparemment coordonnées, a fait une soixantaine de morts et pourrait constituer une réponse des insurgés sunnites aux élections législatives du mois dernier, qui se sont déroulées dans le calme.

L'attentat suicide a fait en outre une quarantaine de blessés parmi une foule de chiites qui assistaient à des funérailles dans la ville de Mikdadiya, à 100 km de la capitale.

La personne inhumée était le garde du corps d'un chef local de la Daoua, le parti du premier ministre chiite Ibrahim Djaafari, tué la veille dans une embuscade lors de laquelle le responsable visé a été grièvement blessé.

Le bilan de cet attentat est le plus lourd enregistré depuis les élections du 15 décembre, marquées par une forte participation et une victoire de l'alliance chiite.

Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a parlé d'un «crime affreux contre des civils innocents sans aucun respect pour la vie et la dignité humaines». Le chef de la diplomatie britannique, Jack Staw, l'a qualifié d'acte de «terrorisme stupide».

La province de Diyala, dont fait partie Mikdadiya et dont Bakouba est le chef-lieu, a été le théâtre, ces dernières semaines, d'une recrudescence des attaques de la guérilla sunnite liée à la branche irakienne d'al Qaïda.

Celle-ci, dirigée par le Jordanien Abou Moussab Zarkaoui, a pris pour cible non seulement les occupants américains, mais aussi les forces de sécurité irakiennes et la communauté chiite.

À Kerbala, l'explosion d'une voiture piégée a fait trois blessés. Dans le même temps, dans l'est de Bagdad, à population majoritaire chiite, un autre attentat à la voiture piégée a fait au moins cinq morts et 13 blessés, tous civils. Quelques heures plus tard, une autre voiture piégée a explosé dans un marché du sud de la capitale, faisant huit morts et 12 blessés.

À la périphérie nord de Bagdad, des hommes armés ont attaqué un convoi de 60 camions-citernes escortés par la police qui venaient ravitailler la capitale pour alléger la pénurie de carburant. Une vingtaine d'entre eux ont été détruits.

Pour sa part, George W. Bush a finsisté hier sur l'efficacité accrue de l'armée irakienne permettant d'envisager en 2006 de nouvelles réductions des effectifs américains.

«Au cours de l'année, si les Irakiens continuent à progresser sur la sécurité et les aspects politiques que nous attendons, nous pourrons discuter de nouveaux ajustements possibles avec les dirigeants d'un nouveau gouvernement en Irak», a dit le président dans une déclaration à l'issue d'une réunion au Pentagone sur l'évolution opérationnelle en Irak et en Afghanistan.

«Et alors que nous voyons de plus en plus ces forces irakiennes prendre la direction des opérations, nous pourrons poursuivre dans notre volonté, notre stratégie déclarée, à savoir, qu'à mesure que les Irakiens montent en puissance, nous retrogradons», a-t-il dit.

M. Bush, pressé par une partie de son opinion à présenter un calendrier de retrait, a souligné qu'un «ajustement est en cours», faisant référence aux redéploiements déjà annoncés.