Morales chez Chavez - L'axe du Mal contre l'axe du Bien

Hugo Chavez (à gauche) et Evo Morales, hier.
Photo: Agence Reuters Hugo Chavez (à gauche) et Evo Morales, hier.

Caracas — Evo Morales, qui deviendra le 22 janvier le premier président indien de Bolivie, a entamé hier chez son allié vénézuélien Hugo Chavez sa première grande tournée à l'étranger qui l'emmènera également en Europe, en Asie et en Afrique.

«Nous adhérons à ce combat anti-néolibéral et anti-impérialiste», a déclaré le futur chef de l'État bolivien à son arrivée à Caracas.

«Nous entrons dans une nouvelle ère, dans un nouveau millénaire, un millénaire pour le peuple, pas pour l'empire», a-t-il ajouté.

«Vous savez qui forme l'axe du Mal?», a demandé pour sa part Chavez. «C'est Washington, ce sont eux [les Américains] qui sont l'axe du Mal, ainsi que leurs alliés dans le monde qui menacent, qui envahissent, qui tuent et qui assassinent. Nous, nous formons un axe du Bien».

Les deux dirigeants ont ensuite visité le Panthéon national de Caracas, où ils ont déposé une gerbe sur la tombe de Guaicaipuro, héros indien de l'histoire vénézuélienne. C'est en terrain conquis que Morales entame sa première grande tournée diplomatique internationale. Il est politiquement très proche de Chavez. Leurs critiques de la politique des États-Unis en Amérique latine en ont en outre fait des alliés du dirigeant cubain Fidel Castro, auquel Morales a rendu visite la semaine dernière.

Ses adversaires affirment que Morales a fortement bénéficié d'une aide financière vénézuélienne lors de sa campagne. Il a remporté la présidentielle dès le premier tour, avec 54 % des voix.

L'ancien dirigeant syndicaliste a rejeté les accusations sur les origines vénézuéliennes de ses fonds de campagne, en affirmant que ses visites à Castro et Chavez étaient «des étapes dans la construction de solidarités». Lors de sa tournée, Morales se rendra successivement en Espagne, en France, en Belgique, en Afrique du Sud, en Chine et au Brésil, a fait savoir Alex Contreras, porte-parole de son Mouvement vers le socialisme (MAS).

À chacune de ces étapes, Morales cherchera à obtenir de l'aide pour relever l'économie de son pays, la plus faible de toute l'Amérique latine. Il évoquera également la question de l'exploitation des ressources naturelles en gaz boliviennes, qu'il s'est engagé à nationaliser.

En tant qu'ancien leader syndical des cocaleros, il cherchera aussi à obtenir des soutiens à ses projets de protection des producteurs boliviens de coca. Il s'est montré très critique envers la stratégie américaine de lutte contre ce secteur, qui fournit la matière première de la cocaïne.