Action unilatérale en Irak - Bush tente de convaincre un Congrès réticent

Washington - Le président américain George W. Bush a averti hier que Washington agira pour désarmer l'Irak si l'ONU ne le fait pas, alors que Bagdad affirmait ne pas posséder d'armes nucléaires, chimiques ou biologiques. «Si les Nations unies ne s'attaquent pas au problème, les États-Unis et certains de nos alliés le feront», a assuré George W. Bush, qui a demandé au Congrès de l'autoriser à recourir à l'armée américaine. «Si vous voulez maintenir la paix, vous devez pouvoir utiliser la force», a-t-il dit.

Dans un projet de résolution soumis à l'approbation parlementaire, il est écrit que «le président est autorisé à utiliser tous les moyens qu'il jugera appropriés, y compris la force, pour faire appliquer les résolutions des Nations unies».

Le chef de la majorité démocrate du Sénat, Tom Daschle, a rejeté l'idée d'accorder un blanc-seing. «Je ne donnerai pas au président [républicain] l'autorité unilatérale d'entreprendre une action militaire dans n'importe quelles circonstances», a-t-il dit.

À New York, devant l'Assemblée générale de l'ONU, le ministre irakien des Affaires étrangères, Naji Sabri, lisant une lettre de Saddam Hussein, a affirmé que l'Irak ne possède pas d'armes de destruction massive. «Je déclare devant vous que l'Irak n'a pas d'armes nucléaires, chimiques et biologiques», a-t-il dit, ajoutant: «L'Irak rejette toute ingérence par qui que ce soit en ce qui concerne ses droits, sa souveraineté, sa sécurité et son indépendance.»

«C'est le même vieux refrain et la même danse que nous voyons depuis 11 longues années», a rétorqué le président américain. «Le Conseil de sécurité des Nations unies doit montrer du nerf, doit agir et demander des comptes à ce régime», a-t-il ajouté.

Modalités de retour

Interrogé à savoir combien d'alliés seraient prêts à participer à une opération militaire, M. Bush est resté évasif. «Je pense que vous allez voir que beaucoup de pays sont attachés à la liberté. Ils ont conscience de la menace. Ils comprennent que la crédibilité des Nations unies est en jeu», a-t-il dit.

Toute nouvelle résolution de l'ONU devra contenir un avertissement à Bagdad sur les «conséquences décisives» d'un refus de désarmer, a pour sa part déclaré le secrétaire d'État Colin Powell au Congrès.

Dans l'après-midi, le Conseil de sécurité a entendu un premier rapport sur les modalités pratiques d'un retour en Irak des inspecteurs en désarmement, du chef des inspecteurs de l'ONU, Hans Blix.

Le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz a promis que l'Irak allait «s'acquitter de ses obligations découlant des résolutions [de l'ONU] conformément à la lettre envoyée [lundi] au secrétaire général de l'ONU».