Négociations d'adhésion de la Turquie - UE : des pourparlers menacés

Bruxelles — L'ouverture prévue lundi des pourparlers d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne est menacée par l'Autriche, qui a bloqué hier l'adoption du cadre de négociation avec Ankara, Vienne semblant vouloir un geste de l'UE en faveur de la Croatie pour donner son feu vert.

«Sans aucun doute, il y a un risque de ne pas commencer les négociations d'adhésion», a estimé hier le ministre turc des Affaires étrangères, Abdullah Gul. «D'un autre côté, des efforts intenses sont faits pour parvenir à une solution», a-t-il ajouté, soulignant qu'il y avait «encore du temps pour résoudre les problèmes».

Pour sortir de cette nouvelle crise européenne, après des semaines de palabres sur la nécessité que la Turquie reconnaisse Chypre avant de rejoindre l'UE, la présidence britannique de l'Union européenne a annoncé une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères, dimanche à Luxembourg.

Hier, les ambassadeurs des 25 à Bruxelles ne sont, une nouvelle fois, pas parvenus à s'entendre sur le document qui doit fixer les principes directeurs et les procédures des négociations d'adhésion, à cause de l'Autriche, selon des sources diplomatiques concordantes.

«Les Autrichiens maintiennent leurs réserves sur le cadre de négociation. Leur demande prévoit une solution alternative ou intérimaire à l'adhésion, au cas où l'UE n'aurait pas la capacité d'absorber la Turquie ou au cas où la Turquie ne remplirait pas tous les critères», a précisé une source européenne.

Le texte accepté par 24 États membres prévoit que l'objectif des pourparlers est l'adhésion, dans un processus ouvert et sans garantie de succès.

Mais Vienne, qui avait pourtant accepté comme ses pairs en décembre l'ouverture des négociations d'adhésion, a demandé à l'UE de réfléchir à l'ajout explicite d'une solution alternative à une accession pleine et entière.