Sharon harcèle les radicaux palestiniens

Gaza — Sorti renforcé de son bras de fer politique avec son rival Benjamin Nétanyahou, Ariel Sharon a maintenu hier la pression militaire sur les groupes radicaux palestiniens, qui ont réaffirmé pour leur part vouloir respecter la trêve précaire observée depuis février.

L'artillerie israélienne a ainsi tiré en soirée, et pour la première fois depuis des années, plusieurs obus sur le nord de la bande de Gaza, cible également de missiles de l'aviation. Ces attaques ont visé, selon l'armée, des secteurs inhabités d'où une roquette a été tirée auparavant sur la ville de Sdérot, dans le sud d'Israël, sans faire de victime.

Ce tir de roquette artisanale et la riposte israélienne interviennent après l'annonce par les groupes armés palestiniens, dont le Hamas et le djihad islamique, de leur engagement envers la trêve dans les attaques contre Israël, proclamée en mars au Caire.

En dépit de cet engagement, Israël a réitéré sa détermination à adopter la fermeté avec les groupes armés. Après deux raids de l'aviation israélienne contre la bande de Gaza dans la nuit de lundi à hier, le ministre de la Défense, Shaoul Mofaz, a averti que la politique des «éliminations ciblées» d'activistes islamistes continuerait.

Il n'a pas exclu une éventuelle opération terrestre d'envergure dans la bande de Gaza et a souligné qu'une batterie de l'artillerie israélienne déployée face à ce territoire «ne se trouve pas là bas à titre décoratif». Sceptique sur les intentions du Hamas, M. Mofaz a jugé insuffisantes les déclarations de M. Zahar dans lesquelles il a annoncé, dimanche, l'arrêt des attaques à la roquette à partir de la bande de Gaza.

Les groupes armés ont convenu hier de mettre fin depuis la bande de Gaza aux attaques contre Israël, ont indiqué des responsables d'un collectif regroupant leurs représentants.

La branche armée du Hamas a cependant revendiqué l'enlèvement près de Jérusalem et le meurtre d'un Israélien, Sasson Nouriel, présenté comme un agent du Shin Beth, le service de sécurité intérieure israélien et dont le corps a été retrouvé lundi près de Ramallah en Cisjordanie.

Israël a arrêté depuis dimanche quelque 380 activistes du Hamas et du Djihad islamique en Cisjordanie.

Cette flambée de violence est survenue après une explosion dans une Jeep bourrée de roquettes, lors d'une parade du Hamas dans la bande de Gaza, le 23 septembre, qui a coûté la vie à 15 Palestiniens.

Le mouvement islamiste a accusé l'État hébreu, en dépit des démentis de ce dernier et de ceux de l'Autorité palestinienne. Le ministère palestinien de l'Intérieur a d'ailleurs annoncé que le port d'armes en public sera interdit dans la bande de Gaza dès demain.

Après l'explosion meurtrière, le Hamas a fait tomber une pluie de roquettes sur Sdérot et d'autres localités du Néguev (sud). L'aviation israélienne y a riposté par une série de raids et d'opérations de liquidations ciblées qui ont coûté la vie à quatre activistes islamistes le week-end dernier.

Le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas, en visite au Caire, doit s'entretenir aujourd'hui avec le président Hosni Moubarak de la situation dans les territoires palestiniens après la flambée de violences.

Ces événements se sont produits alors que le premier ministre israélien Ariel Sharon savourait sa victoire à l'arraché lundi sur son principal rival au sein du Likoud, Benjamin Nétanyahou.

La majorité des 3050 membres du Comité central du Likoud a en effet accédé à sa demande de maintenir au printemps prochain la date des primaires, qui désigneront le chef du grand parti de droite nationaliste lors des prochaines législatives prévues en novembre 2006.