Rice réclame plus de candidats pour la présidentielle en Haïti

Condoleezza Rice (à droite) a rencontré le premier ministre haïtien Gérard Latortue hier, à Port-au-Prince.
Photo: Agence Reuters Condoleezza Rice (à droite) a rencontré le premier ministre haïtien Gérard Latortue hier, à Port-au-Prince.

Port-au-Prince — La secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, a réclamé hier que plus de candidats puissent se présenter à l'élection présidentielle prévue en Haïti le 20 novembre, alors que les autorités ont retenu 32 noms sur 54 et que les inscriptions sont closes.

«Ceux qui veulent participer à cette élection devraient pouvoir le faire», a déclaré Mme Rice lors d'une conférence de presse avec le premier ministre haïtien Gérard Latortue.

Ce dernier est resté de marbre. «Tous les partis peuvent participer aux élections sauf raison constitutionnelle ou légale», a souligné Gérard Latortue, en précisant avoir eu avec Mme Rice, en visite pour quelques heures en Haïti, des «discussions très directes, très franches». Il a souligné sans le nommer qu'un candidat avait été rejeté par le Conseil électoral provisoire haïtien (CEP) parce qu'il était citoyen américain. «Il n'est même pas Haïtien et il habite à l'hôtel», a-t-il ironisé. Il faisait allusion à la candidature du riche industriel d'origine haïtienne Dumarsais Siméus, qui a vécu pendant environ 40 ans aux États-Unis.

Gérard Latortue a précisé qu'une procédure d'appel en cours, après le rejet de certaines candidatures, pourrait permettre d'inclure quatre ou cinq personnes supplémentaires dans la liste des candidats à la présidence.

Après la clôture des inscriptions, le CEP avait rendu publique vendredi soir une liste de 32 candidats autorisés à participer à la présidentielle haïtienne. Cinquante-quatre chefs de partis politiques et personnalités indépendantes étaient inscrits en vue de participer au scrutin.

Condoleezza Rice a aussi appelé les Haïtiens à voter le 20 novembre, lors du premier tour de l'élection présidentielle et des scrutins parlementaires, soulignant qu'il «n'y avait pas d'arme plus puissante que celle du vote». «Si vous n'êtes pas encore inscrits sur les listes électorales, je vous en prie, allez-y», a-t-elle lancé à l'attention des Haïtiens.

Plus de 2,5 millions de personnes se sont inscrites jusqu'à présent sur les listes qui seront closes vendredi, sur les 4,5 millions représentant le corps électoral. La campagne électorale doit débuter officiellement le 8 octobre.

Un deuxième tour pour la présidentielle et les scrutins parlementaires est prévu le 3 janvier, après des élections municipales et locales convoquées le 11 décembre. Le nouveau Parlement doit entrer en fonctions début janvier, le président: le 7 février.

À une question sur un éventuel retour en Haïti de l'ex-président Jean Bertrand Aristide, la secrétaire d'État américaine a répondu: «La communauté internationale partage le point de vue qu'un retour de M. Aristide ne serait pas une bonne chose.»

Exilé en Afrique du Sud, Jean Bertrand Aristide estime avoir été victime d'un coup d'État. Il a quitté le pouvoir le 29 février 2004 sous la menace d'une insurrection armée et après avoir perdu le soutien des États-Unis, de la France et du Canada.

Gérard Latortue a enfin indiqué que le problème des criminels haïtiens, arrêtés aux États-Unis et renvoyés en Haïti après avoir purgé une peine de prison, avait été évoqué avec la secrétaire d'État américaine.

«On a demandé une période probatoire pendant les élections pour geler les expulsions afin de contribuer à la sécurité en Haïti» et «nous allons continuer à en parler», a dit le premier ministre. En juin, il s'en était vivement pris aux autorités américaines, accusées de favoriser la criminalité en Haïti avec ces renvois.