Le président du Nicaragua crie au coup d'État

Managua — Le président du Nicaragua, Enrique Bolanos, a qualifié hier de coup d'État les manoeuvres de l'opposition, après la levée de l'immunité de deux de ses ministres par le Congrès, contrôlé par les Sandinistes (gauche) et les Libéraux (droite), qui veulent également retirer l'immunité de Bolanos.

«C'est un coup d'État qui est en train d'être échafaudé», a déclaré Enrique Bolanos à la presse.

L'ancienne guérilla du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) et les conservateurs du Parti libéral constitutionnaliste (PLC) ont scellé une alliance pour affaiblir le président et veulent le poursuivre en justice pour financement illégal de sa campagne électorale en 2001.

Le Congrès a notifié hier la levée de l'immunité pour délits électoraux du ministre de l'Intérieur, Julio Vega, et du vice-ministre de l'Agriculture, Mario Salvo.

Enrique Bolanos, 77 ans, a été accusé en octobre 2002 par le procureur général du Nicaragua d'avoir violé la loi électorale en utilisant des fonds provenant d'une fondation dirigée par l'ancien président PLC du Nicaragua, Arnoldo Aleman (1997-2002), condamné fin 2003 à 20 ans de prison pour détournement de fonds publics. Aleman a été récemment remis en liberté.

Bolanos a été porté au pouvoir par le PLC, avant d'entrer en dissidence et de fonder son propre parti, l'Alliance pour la république (APRE).

Le pays traverse une grave crise politique depuis un an. L'opposition a voté une réforme constitutionnelle qui limite les pouvoirs de M. Bolanos, en minorité au Congrès.

«L'état de droit de revenir au Nicaragua Nous avons besoin de l'aide de tous ces organismes internationaux, qu'ils sachent que mon gouvernement est la cible d'une persécution politique, ce n'est pas une question de justice», a souligné M. Bolanos.

Les tractations entre les Sandinistes et les libéraux se sont également traduites par la libération anticipée de l'ex-président nicaraguayen, Arnoldo Aleman, condamné en décembre 2003 à 20 ans de prison pour blanchiment d'argent, fraude et malversations financières.

Les États-Unis, qui soutiennent Bolanos dans la crise politique en cours, ont condamné la remise en liberté de Aleman et dénoncé le «combat actuel de l'Assemblée nationale nicaraguayenne contre l'administration [du président Enrique] Bolanos» qui, selon Washington, «affecte la volonté librement exprimée du peuple nicaraguayen»