La violence se poursuit - Dur coup pour al-Qaïda en Irak

Les affiches en prévision du référendum sur la constitution ont fait leur apparition à Bassora.
Photo: Agence Reuters Les affiches en prévision du référendum sur la constitution ont fait leur apparition à Bassora.

Bagdad — L'armée américaine espère avoir porté un coup à l'insurrection en Irak avec le décès du bras droit d'Abou Moussab al Zarkaoui, même si les attaques de la guérilla ne faiblissent pas à l'approche du référendum sur la constitution.

Les forces irakiennes et américaines ont annoncé hier avoir tué le haut dirigeant de la branche irakienne d'al-Qaïda, mais celle-ci, sans confirmer sa mort, a nié qu'il soit le numéro deux du réseau terroriste dans le pays.

Parallèlement, la violence a continué dans le pays tuant 15 Irakiens alors que les corps de 22 hommes, abattus par balles, ont été retrouvés mains attachées et yeux bandés dans une zone désertique près de la frontière d'Iran. Les corps de cinq soldats ont été en outre retrouvés au sud de Bagdad.

Les autorités irakiennes et américaines ont affirmé qu'Abdallah Najim Abdallah Mohammed al-Jouari, alias Abou Azzam, qu'elles présentent comme le numéro deux d'al-Qaïda en Irak, avait été tué dimanche lors d'une opération conjointe à Bagdad.

Le conseiller à la sécurité nationale irakienne Mouaffak al-Roubaïe a décrit cette opération comme un «coup majeur» pour le gouvernement.

«Nous avons reçu d'un citoyen irakien un renseignement qui nous a conduits jusqu'à lui», a expliqué le lieutenant-colonel Steve Boylan. «Il s'agissait d'une opération conjointe américano-irakienne. Nous le filions depuis un certain temps.»

Le New York Times a rapporté que des agents de la CIA avaient participé à l'opération, information que Boylan n'a pas été en mesure de confirmer. Un porte-parole du gouvernement irakien a précisé qu'Azzam n'était pas seul au moment où il a été abattu, mais n'a pas indiqué le sort de ses compagnons.

Azzam a été tué avant d'être interrogé. Mais, selon les informations de l'armée, il était de nationalité palestinienne et s'occupait du financement des attaques et de l'infiltration des combattants étrangers, impliqués dans la récente flambée de violence dans la capitale.

«Au printemps 2005, il a assumé les fonctions d'émir de Bagdad, où il a, semble-t-il, dirigé et contrôlé toutes les opérations terroristes dans et autour de la ville», déclare l'armée américaine dans un communiqué.

Le porte-parole en chef des forces américaines en Irak, Rick Lynch, s'est réjoui de ce nouveau coup porté à l'organisation de Zarkaoui. L'activiste jordanien, dont la tête a été mise à prix pour 25 millions $, se cacherait actuellement dans la vallée de l'Euphrate au nord-ouest de Bagdad.

«Nous continuons à décimer la direction du réseau terroriste et nous continuerons à perturber leurs opérations», a déclaré le général de division Rick Lynch, rappelant que plusieurs collaborateurs de Zarkaoui avaient été soit tués, soit capturés ces derniers mois.

Le raid qui a résulté dans sa mort a eu lieu dans un «grand immeuble d'habitation» de la capitale, a dit une porte-parole de l'armée, la lieutenant Michelle Lunato. L'opération était «menée avec l'intention de le capturer, il a ouvert le feu et a été tué par des tirs de riposte», a-t-elle ajouté.

La mort d'Abou Azzam, un Irakien, a été présentée par le gouvernement irakien et l'armée américaine comme un succès majeur dans la lutte contre le terrorisme.

Le groupe de Zarqaoui a annoncé ne pas pouvoir confirmer sa mort dans l'immédiat et soutenu qu'il était «le commandant de l'une des unités [d'al-Qaïda] opérant à Bagdad», et non le numéro deux du groupe, dans un communiqué sur l'internet dont l'authenticité ne peut être confirmée.

«Nous avons la confirmation qu'une importante force des Croisés, soutenue par des hélicoptères, a encerclé le quartier où habite Abou Azzam et qu'un accrochage a opposé le frère combattant aux Croisés [...] mais nous n'avons pas, jusqu'à présent, confirmation de sa mort», selon le communiqué.

Ailleurs en Irak, les attaques ont tué 15 personnes, dont dix policiers dans un attentat suicide à Baaqouba, ainsi qu'un officier des forces antiterroristes et un policier à Kirkouk, selon des sources policières. À Bagdad, deux prisonniers et un policier irakiens ont péri dans des attaques.