Libération de 507 détenus d'Abou Ghraïb

Des détenus de la prison d’Abou Ghraïb attendaient leur départ hier.
Photo: Agence Reuters Des détenus de la prison d’Abou Ghraïb attendaient leur départ hier.

L'armée américaine a libéré hier 507 détenus de la prison d'Abou Ghraïb à l'occasion du mois de jeûne musulman du ramadan, dans un climat de violence persistante qui a fait au moins 20 morts en Irak.

«Le gouvernement irakien et la force multinationale ont décidé de libérer les détenus afin de leur permettre d'être avec leur famille et de célébrer le mois saint du ramadan», qui commence début octobre, a dit l'armée américaine dans un communiqué.

Au total, elle prévoit libérer plus d'un millier de prisonniers cette semaine, après la libération fin août d'un autre millier de détenus d'Abou Ghraïb.

La sélection des détenus libérables a été faite «après un examen prudent et minutieux de leur dossier par une commission irakienne», a précisé l'armée, ajoutant qu'aucun d'entre eux n'est «coupable de crimes violents tels que des attentats, tortures, enlèvements ou des meurtres».

L'armée ne précise cependant pas les raisons de leur interpellation ni la durée de leur détention à Abou Ghraïb, qui avait été au centre d'un scandale après des révélations en avril 2004 de sévices et d'humiliation sur des détenus irakiens par des soldats américains. Après ces libérations, il restera 10 500 hommes dans les centres de détention des forces de la coalition en Irak, dont 4200 dans la prison d'Abou Ghraïb.

Les libérations à venir, les plus importantes en nombre depuis le début de la guerre d'Irak en mars 2003, interviennent alors que des groupes de défense des droits de l'homme, et même le ministère irakien de la Justice, se sont dits préoccupés par le nombre excessif de personnes détenues depuis trop longtemps sans aucun jugement.

Ces remises en liberté «font partie d'un programme du gouvernement lancé il y a plusieurs semaines», selon le porte-parole du gouvernement irakien, Laith Koubba. Quant à savoir si elles étaient destinées à encourager la communauté sunnite, qui fournit le gros des rangs des insurgés, à se rendre aux urnes pour le référendum du 15 octobre sur la Constitution, M. Koubba a répondu: «Cela crée une meilleure atmosphère.»

Sur le terrain, sept Irakiens, dont deux policiers, ont été tués et 27 blessés dans un attentat suicide à la voiture piégée contre un bus transportant des employés du ministère du Pétrole à Bagdad, selon une source du ministère de l'Intérieur.

Les chiites ont une nouvelle fois été visés avec l'assassinat de cinq instituteurs et d'un chauffeur, exécutés dans l'école d'un village près d'Iskandariyah, à 60 km au sud de Bagdad, par dix hommes armés et masqués, selon la police.

À Bagdad, un ex-commandant de l'armée, travaillant comme chauffeur de taxi, a été abattu par des hommes armés, alors que trois soldats ont été tués et trois blessés dans l'attaque d'un point de contrôle plus au nord, à Baaqouba.

D'autre part, un tribunal militaire américain a déclaré hier Lynndie England coupable de sévices sur des prisonniers irakiens à la prison d'Abou Ghraïb. La jeune réserviste de l'armée américaine a été jugée coupable de six des sept chefs d'accusation retenus à son encontre. Elle a été acquittée de l'accusation de complot.